29/05/2017

28/05/17 : Bruxelles : Quand tu prépares ta dissertation pendant plus de 5 ans…

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C'est la seule photo qui est en lien avec le vrai propos de cet article...

 

...Et que tu finis par répondre à côté de la question…

J’ai toujours beaucoup réfléchis à la nécessité, le but, la raison pour laquelle je courais. Qu’est ce que je vais chercher dans ses heures sur le macadam, dans les bois, dans la nuit et le vent. J’ai donc assez vite écouté les avis des autres sans toujours les partager mais en les respectant. Ce blog était d’ailleurs un reflet de ce que je pensais de mon côté.

Il y a plus de 5 ans donc, sur un forum bien connu à cette époque (un forum, pour les jeunes, c’est un peu l’ancêtre de Facebook mais en mieux!), une phrase a titillé mon envie de prouver que mon approche de la course à pied n’était pas complètement folle contrairement à ce qu’on pouvait penser à première vue… et a sûrement titillé aussi mon envie de courir avec les autres mais pas tout à fait comme eux… Je ne donnerai que le pseudo (oui, pour les jeunes, sur un forum, on ne donnait pas son nom, on utilisait des faux noms plus ridicules les uns que les autres…) de celui qui l’a mise sur le forum bien que tout le monde puisse le reconnaître sans que je ne le cite. Notre vision diamétralement opposée de la manière de courir étant connue à travers le monde autant que notre respect mutuel ce qui m'a fait avancer comme vous allez le voir !

Le déclencheur de ce qui s’est terminé hier aux 20kms de Bruxelles fût donc ce genre de phrase :

« J'ai mis 4 ans pour réaliser une performance qui m'ouvrait les portes du box 1 .. 
A ma grande surprise ce jour-là, je me suis retrouvé avec Becassine et le Marsupilami sous les arcades ... avec des numéros encore plus sympas que le mien... » (Shamrock, 2013)

« S'ils sont partis de l'arrière alors, rien à dire mais c'est dommage de gaspiller un dossard du premier box pour partir derrière et déguisé » (Flow, 2013)

Il va de soit que je fais partie des joggeurs déguisés et ces 2 phrases dans le même post (j’ai passé quasi une heure à rechercher dans les archives les vraies phrases… quand on fait une dissertation, on s’assure de ses sources…) m’amenaient une foule de questions :

* Est-ce que les gens déguisés sont arrivés avant Shamrock ?

* Si le type décide de se déguiser au dernier moment et qu’il va derrière avec son « beau » dossard pour garder son ami de la première phrase, va-t-il perdre son ami de la deuxième phrase ?

* Jusqu’où peut-on s’amuser sur une course ?

* Jusqu’où doit-on être sérieux sur une course ?

* Est-il possible de se retrouver déguisé dans le box 1 sans tricher ?? et ce fût le début de ma descente dans l’enfer des gens déguisés à outrance… (c’est où Outrance?)

Le seul moyen de prouver quoi que ce soit était de passer au test grandeur nature sur les 20 kms, bien sûr !

Donc j’ai commencé à vouloir courir les 20 kms déguisés pour voir si c’était faisable et le deuxième step sera de faire un temps pour se retrouver le plus devant possible à la régulière.

J’ai commencé un peu fort point de vue déguisement… une chaise roulante pas vraiment roulante, des fruits pas vraiment efficaces… Je devais me recadrer pour pouvoir atteindre le but final. J’avais pourtant déjà prouvé 2, 3 trucs…

La première année déguisée, j’avais le dossard 214 (à la régulière… mais pas déguisé ;-) ) . Et effectivement, je me suis quasiment fait engueuler d’être dans le dernier box ! En même temps j’avais juste utilisé mon nom pour pouvoir avoir un dossard. Je n’avais aucun moyen de demander un dossard moins bon… il est donc mal vu d’être bon et de faire le choix de ne pas être bon le jour des 20 kms… Je le note et je m’en félicite.

La fois où on l’a fait avec la chaise roulante m’enseigna que c’est bien de déconner mais on est quand même dans un peloton donc il faut avoir la notion de sécurité toujours en tête ! On avait un groupe de presque 10 personnes autour pour éviter de gêner les autres coureurs et pour casser des chevilles que l’on connaissaient au cas où on perdait un peu le contrôle...Les limites du mélange entre déguisés et non déguisés commençaient à se montrer.

Les fruits (le sommet de ma carrière…) m’enseigna que les 20 kms commençaient à prendre un tournant de moins en moins pour le fun. On a tourné en 3 h en commençant les derniers et à la place des groupes pour le fun qu’on aurait pu croiser quelques années avant nous avons vu des personnes qui se lançaient pour leurs premiers 20 kms et qui à partir du premier ravito se demandaient déjà où se trouvait la route… Jouer aux crétins au milieu de ces zombies enlevait un peu du fun de l’affaire… On a bien ri quand même mais c’est moins communicatif sauf avec le public.

J’ai donc chercher quelque chose de plus efficace et de moins tape à l’oeil. Et MaxiET fit son entrée dans le grand monde des joggeurs (cherchez « LaMascotte Et » dans le classement des 20kms de Bruxelles...). La première année fut utile pour apprendre à le manier dans la foule et à s’assurer de pouvoir aller plus vite sans le groupe qui m’accompagnait lors de cette première sortie. Le public devenait fou quand il voyait MaxiET. Il est connu de tous et c’est vraiment très impressionnant de courir avec lui. Les joggeurs ne le prennent pas mal non plus car ça fait moins impressionnant que les fruits. J’avais trouvé la solution idéale ! Plus qu’à faire un chrono… et se réinscrire l’année d’après pour savoir dans quel box on allait tomber !

Aussitôt, aussitôt fait… enfin, il faut quand même chaque fois attendre un an ! Je l’ai donc fait à fond et là, la limite entre le déguisement et la sécurité fût vraiment frôlée… Maintenir le cap du diable de MaxiET me demandait une concentration de tous les instants, j’en perdais tout le fun de l’affaire car je ne savais même pas lever la tête quand quelqu’un appelait ET. Je devais rester dans ma bulle pour éviter les 30,000 autres joggeurs qui n’avaient rien demandé. Là, clairement, j’ai vu le côté débile (dans le vrai sens du terme) de la chose. Mélanger fun et chrono n’est clairement pas une bonne idée où il faut en limiter un des 2. un déguisement relativement efficace pour courir (en femme par exemple, c’est un exemple!!!!) où on décide de courir sans pression de chrono. La seconde où j’ai perdu le contrôle du diable dans la descente de l’Hippodrome restera gravée dans mon cerveau… Quelqu’un est venu me ramené le MiniET que j’avais dans mon dos et qui s’était fait la malle… quand je l’ai vu, j’ai perdu ma concentration et MaxiET en a profité pour faire le guignol… il faut dire que se retrouver à contre sens avec un diable surmonté d’un ET avec un peloton de 15,000 personnes qui vous fusillent du regard car vous venez de les dépasser en criant comme un baudet car vous alliez plus vite… c’est assez inattendu. J’ai bien géré la situation mais j’ai quand même du reprendre mes esprits pendant 2 minutes sur le côté… La réponse à la question peut-on mélanger fun et chrono était trouvée... Par contre, je devais savoir si avoir un bon dossard était encore possible ! Je fini en 1h45. Et pendant une année, j’ai dû attendre pour avoir le verdict !

J’ai fait mes premiers 20 kms en 2003 et je pense qu’avec ce temps-là j’aurais été dans le premier box, voir max dans le second… Et bien, on s’est retrouvé dans le 3ème avec un dossard 14576 pour MaxiET ! J’étais un peu déçu mais là encore j’ai pu prouver que les 20kms se faisaient de plus en plus sérieusement par les coureurs ! Les chronos s’améliorent et le nombre de coureurs chevronnés augmentent et logiquement vu la preuve précédente de la non mixité des gens sérieux et des folkloriques, je me retrouve de plus en plus seul à les faire en déconnant… est-ce un bien ? Est-ce un mal ? C’est juste une constatation. Quand vint le jour de pouvoir démarrer de mon box bien mérité avec MaxiET, les règles de sécurité renforcées, ce manque d’esprit fun du peloton et la fin de mon étude me poussèrent à trouver une autre solution et c’est là que tout s’éclaira !

Ben m’a proposé de le faire en Handisport… Je me suis dis que si c’était pour pousser autant que ce soit quelqu’un à qui ça fait plaisir et quasi la veille, j’ai accepté cette proposition. Je ne me doutais pas de ce que j’allais vivre. Je suis arrivé, un peu penaud, avec ma timidité légendaire quand je n’ai pas de déguisement et j’ai suivi Ben qui était en terrain connu. Il me présenta Héléna qu’on allait pousser. Je ne savais toujours pas quelle maladie ces gens pouvaient bien avoir… C’est en voyant apparaître un de mes anciens professeurs dans le groupe que j’ai compris. Il avait dû arrêter l’enseignement quelques années plus tard car il avait la sclérose en plaques. Et bien, voilà, maintenant, je sais. Je dois bien admettre, je pense, qu’on ne s’appréciait que très faiblement à l’époque (et si il sait que j’en ai écrit une dissert’ il risque la crise de folie...) mais sa présence et son sourire m’ont touché. La vie est quand même bizarrement faite.. et je pense que la petite phrase qu’il m’a dite dans le stand m’a appris plus que tous ses cours… Elle n’avait pas de signification en tant que tel mais j’ai entendu : « Je suis là, je suis debout, je cours, je suis toujours vivant et je souris ! Rien n’a pu m’arrêter ! » . Sur le moment, j’ai juste répondu d’un autre sourire et on est parti vers le départ en criant dans tous les sens car on était en retard… On a juste eu le temps de prendre un selfie dans notre box Handisport et ce monsieur m’avait suivi jusque là et à immortalisé son sourire dessus. Ma journée était gagnée et je n’avais encore rien fait…

Notre chef de groupe a commencé à expliquer comment on devait courir. Les autres étaient des habitués donc il me posa la question : « As-tu déjà poussé une chaise ? »… Que répondre ? Oui mais avec une personne non handicapée dedans ? Oui mais avec un MaxiET dedans ? Une brouette vide ça compte ? Je me suis contenté d’un « ça devrait aller » assez laconique. Il me dit : « il n’y a qu’une règle : On court pour le fun ! ». J’ai bien failli l’embrasser ! J’avais trouvé mon milieu ! J’avais enfin trouvé les gens qui avaient compris l’essence même de la course à pied pour moi ! « Et bien sûr pour pouvoir faire ça, il faut veiller à la sécurité !!! » Et j’avais mis presque 10 ans à le comprendre par moi-même et ce type me l’explique le plus banalement du monde en 2 minutes ! « Je suis votre homme ! »

Et c’est parti pour les handi-sport ! Et Héléna sort son petit appareil photo de son sac ! Ça n’a l’air de rien mais ce geste me restera aussi gravé dans la mémoire. C’est la plus belle et plus simple preuve qu’elle ne veut pas perdre une minute de ce qu’on va lui faire vivre, de ce qu’elle se permet de vivre plutôt ! Rien ne l’empêchera de vivre cette expérience ! Elle ira jusqu’à sortir sa petite boîte de pilules en pleine course sans demander d’arrêt. Elle ne voulait pas que ces foutues pilules n’arrêtent cette expérience. J’ai bien tenté de m’arrêter pour lui faciliter la chose mais c’était déjà trop tard elle avait bien réussi à s’en sortir toute seule ! A chaque autre Handisport dépassé tout le monde crie le prénom de celui qui est dans la chaise. C’est la folie complète !

Au milieu du bois de la Cambre, les kenyans arrivent et je propose à Benoit de tester leur vitesse en les accompagnant pendant… tout le temps qu’on peut… et ils arrivent et on se lance à 2, ah non à 3 ! Le chef de notre groupe nous suit et on fait presque 200m avant de se faire décramponner !!!! On se marre et je suis impressionné par notre 3ème larron ! Ben me dit que, en fait, notre compagnon est atteint aussi… Ok, déconner quand la vie est belle c’est une chose mais arriver à faire ça quand la vie ne t’a pas fait de cadeau c’en est une autre ! Encore des secondes inoubliables ! Voir ce type avec un sourire jusqu'aux oreilles entre 3 kenyans sur les 20 kms de Bruxelles, il n’y a pas grand-chose de mieux !

On finira par faire quasi un negatif-split sur les 20kms de Bruxelles ! La montée de l’avenue Tervueren fût folle. J’ai pris la solution de facilité : derrière à prévenir les coureurs qui arrivent qu’il y a une chaise devant et les 5 autres tiraient et poussaient tant et plus ! Et c’est dans une douce euphorie qu’on a passé la ligne. On a donné tous ensemble sa médaille à Héléna et on a été en boire une ! Et bien oui ! Il y a des choses qui ne changent pas ! Et c’est là que celui qui a sprinté avec les kenyans m’a dit que vendredi il allait faire la Huy Night run déguisé avec un ami aveugle…

Voilà, j’ai voulu savoir si on pouvait se retrouver déguisé dans le box 1 des 20kms de Bruxelles et je me suis retrouvé à faire une expérience de vie inattendue.

Une dernière chose, ne me félicitez pas, si vous voulez féliciter quelqu’un revenez l’an prochain et venez courir avec nous où juste dire bravo à Héléna et à tout ceux qui se battent contre cette maladie ou une autre et qui utilisent la dérision pour s’en sortir ! Je pense que visiblement c’est un très bon complément aux pilules que les médecins donnent…

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12/10/2016

09/10/16 : Budapest : ou comment encore être surpris au 20ème…

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Cette fois, tout était prévu de longue date, ce marathon allait être compliqué ! J’y avais mis tout mon cœur dans la préparation ! Déjà à l’achat des billets d’avion, mon PCbanking a rendu l’âme après la transaction ce qui a empêché l’arrivée du mail avec mes tickets… mais pas le retrait de l’argent de mon compte… Après un mois de coups de téléphone et autres mails, j’ai réussi à avoir mes billets ! Heureusement, nous avions décidé du marathon bien tôt dans la saison. Nous ! Et oui, je ne pars pas seul. Budapest, la ville où on parle une langue inconnue de tous et où on utilise une monnaie avec plus de billets de 10.000 que de pièces de 200 mérite un guide hors-pair ! Johan est donc de la partie et Jonathan, Annick et François suivent le mouvement. L’hôtel est réservé et j’ai donc finalement mes billets. Je peux donc commencer tranquillement à bousiller ma préparation tranquille.

  • Première étape : se décider après 23 ans à faire le GR20 au complet pour finir le 15ème jour après plus de 200 kms de marche dans les montagnes avec indiqué dans l’agenda le jour d’après : « début de la prépa marathon »…

J’ai donc passé les 4 premières semaines de prépa à tenter de faire du 5min/km de moyenne sur un 10 kms en priant pour que mes genoux arrivent en même temps que moi à l’arrivée… Une ou 2 sorties par semaine étaient déjà un exploit ! Petit à petit, j’ai retrouvé tous les morceaux de mes jambes !

  • Deuxième étape : vu que j’ai à nouveau des jambes, rattrapons le temps perdu ! 4 sorties par semaine avec intervalles longs, courts et autres pendant 4 semaines !...

Evidemment, à ce rythme-là, il ne faut pas trop rêver pour la troisième étape qui devrait être : et on continue en allongeant les distances dans la joie et la bonne humeur !

  • Troisième étape : vu que, en fait, je n’avais pas retrouvé toute ma fraicheur, je décide de faire les 4 dernières semaines de préparation avec 2 ou 3 sorties par semaines dont un semi et donc sans sortie longue…

Dans les semis, nous comptons Belle-île qui prouva que je ne tenais pas du tout la distance à la vitesse rêvée… Nivelles en ballon qui prouva que par contre cette vitesse-là était bien connue… Disney qui prouva que je m’inquiétais que très peu de l’échéance de dans 2 semaines… et Beloeil qui prouva que je ne savais pas vraiment récupérer en courant si je déconnais un peu. Tout était prêt pour la 4ème étape, la plus importante pour assurer un marathon difficile !

  • 4ème étape : Faire attention à son alimentation et à son sommeil les derniers jours avant l’échéance…

Là, j’ai tout donné car c’était ma dernière chance de bien avoir mal pendant le marathon !!!! :D Déjà 4 jours dans Disney et à Paris à marcher lentement et à attendre debout dans les files en mangeant du gras, c’était un bon début mais je pouvais trouver mieux ! Team Building au bureau le Jeudi avant le marathon avec 12 kms de kayak un 6 Octobre suivi d’un repas sur un bateau avec soirée et visite d’un bar dinantais avant de rentrer à l’hôtel réservé sur place à une heure peu raisonnable… Heureusement mon congé commençait le vendredi mais samedi je devais partir d’Enghien avec le train de 7.26… Le repos fût bref… et pour fignoler le tout, accepter la canette de bière locale lors de la pasta party dans le village marathon le samedi midi… J’étais donc prêt à m’en vouloir un max au 30ème kilomètre quand mes jambes me diront « fourte ! ».

  • La 5ème étape surprise fût que l’ibis de Budapest ne connait pas le choco !! Et donc pas de tartine au choco traditionnelle le matin de la course !...

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C’est donc le cœur léger et les jambes lourdes que je me retrouve sur la ligne de départ dans le box 1 prévu de longue date puisque j’aurais dû être pétant de forme… Là, je vise 3h20 au mieux et si je frôle les 3h30 c’est bien aussi et finalement si je fini avec mes équipiers etéistes en 3h45-4h00 et bien ça nous fera une belle photo d’arrivée… Malheureusement, nous n’étions plus que 4 puisque Jonathan a laissé tomber le gant sagement vue son état de santé et son objectif de dans 2 semaines.

Le box 1 n’est pas super rempli. MiddleET et NanoET me suivent. J’attends sagement le départ. Le speaker dit un truc en hongrois et nous voilà parti ! Comme je n’ai aucune pression, je profite du décor et je vais être servi ! On passera par tous les bâtiments de la ville. Le parcours est vraiment majestueux ! Palais, ponts se succèdent à un rythme effréné ! Je n’ai pas le temps de m’ennuyer. Pendant ce temps-là, ma vitesse est bien élevée mais je contrôle mon cardio pour tenter de finir ma journée correctement. Passage par le pont, contournement du palais et retour via le tunnel. J’ai le temps de m’habituer aux ravitos qui sont très bien organisés. Je trouve un rythme qui me va bien. Pas mal de spectateurs au bord de la route et me voilà déjà aux alentours du 12ème km.

Un pont. Celui qui est devant moi garde son rythme pour le monter. Je décide de commencer à réfléchir… Je monte plus lentement et je profite de la descente pour le récupérer avant le tournant. Il a un singlet blanc avec un truc écrit en allemand ou néerlandais ou même danois… je n’en sais rien et il est barbu… Je passe devant et on commence à longer le Danube. Je suis dans ma vitesse et ça tourne bien. Le type a l’air d’apprécier cette vitesse aussi.

Au ravito du 17ème, je me dis que je vais un peu récupérer. Je m’arrête donc et je bois bien. Eau et boisson énergétique. Je lève la tête et là, surprise, mon accompagnateur se retourne et m’appelle de la main ! Euh… oui mais moi, je voulais rater mon marathon ! Il est tout fou lui !?! Bon, allez, c’est bon pour une fois, je repars et je le rattrape. Je lui donne le dextro que j’ai pris en trop pour faire le type gentil… De toute façon dans 2 kms, j’explose…

On ne sait pas ce que parle l’autre donc on ne parle pas trop… On profite juste de la présence de l’autre pour se relancer chacun à son tour. Passage du semi toujours roue dans roue. Il se retourne et me dis : « bad legs ! »… et je lui réponds que de toute façon ma vitesse a bien diminuée aussi depuis un moment… On ne se plaint pas mais on souffre tous les 2. La vitesse est encore au-dessus de toutes mes espérances. Je décide donc de le suivre. On verra bien… Sans le vouloir, on effectue de vrais relais. Quand l’un est moins bien, l’autre à l’air de pouvoir le lâcher et 1 kms après c’est l’inverse.

On finit par arriver ensemble au pont qui retraverse le Danube. Ce pont est bien raide ! Je le prends à fond et de l’autre côté je sens que c’était trop. Je souffle un « it’s done… I’m out. ». Il tente de me relancer pendant 200m et puis il prend les devants et le trou se creuse. Je dois récupérer. On est au 32ème et je n’imaginais pas pouvoir tenir ce rythme jusque-là. Je suis déjà content. Je suis prêt à descendre à mon rythme endurance pour finir mais le singlet blanc ne s’éloigne pas tant que ça… et un nouveau lièvre se place devant moi… une métisse qui fait le relais ! Et bien c’est autre chose que mon barbu ! Mais elle va trop vite et je la vois rejoindre mon compagnon. J’irai bien lui dire que si j’avais pu choisir, j’aurais choisi l’autre lièvre… et c’est ce que je vais faire ! Je relance ! Finalement, au 35ème, je le rejoins mais je dis juste «  I’m back ! I don’t know for how much time but i’m back ! ». Et nous voilà repartis vers le Parc du départ.

Au 38ème, mon estomac est content de trouver du coca et on arrive près de l’hôtel. Une dernière montée bien raide nous y attend. Je suis en forme ! Je distance un peu mon compagnon et je sais qu’il ne reste que 4 kms dans le parc. Je les imagine donc bien plats ! Je retrouve un rythme régulier et mon duettiste récupère pour finir par me rejoindre. On voit le panneau 40 et on dit ensemble « 2 kilometers ! ». Le parc est loin d’être plat et on est content d’être 2 ! 41 : « only one. We’ll make it ! ». On s’approche de la ligne et je vais finir ce marathon avec ce type bizarre. Je n’ai pas le temps sur ma montre, juste ma moyenne et mon cardio… on doit tourner dans les 3h10 ! C’est incroyable ! Dernier tournant, dernière ligne droite et on se regarde. On sourit et enfin la speakerine nous présente : « Thierry Libert from Belgium and Harmut Seel from Germany ». J’ai donc couru 30kms avec un allemand barbu pour finir en 3h06min contre toutes attentes !!!!!!!!!!

Je souris comme jamais… ou plutôt comme à chaque fois… et oui, encore une fois cette course m’a bien eue ! La surprise fût de taille et inoubliable ! Juste le temps de me changer et c’est à l’hôtel que j’apprendrais que tous les etéistes ont créé l’exploit ! Annick en 3.45 et Johan et François en juste plus que 4h00. Tous ravis par le parcours même si on n’a pas eu droit à l’île-Parc cette année. Il était temps de fêter ça et de profiter de la connaissance de la ville et de ses restos de notre guide privé !

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16/05/2016

15/05/16 : BeerLover’s marathon : Comment respecter le chrono ?

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Et oui, mon objectif de la première partie d’année était la Wings à Cambridge mais finalement grâce à un soleil trop généreux j’ai juste tenté de contrôler la situation pour pouvoir y retourner dans un autre pays l’an prochain. L’objectif devenait alors le BeerLover’s Marathon (BLM), premier du nom, en tentant un chrono de la mort avec une grande équipe…

Mon 19ème marathon risquait d’être bien différent des autres, encore une fois.

La théorie :

BLM : Marathon festif avec des ravitos à la bière qui passe par tous les jolis sites de Liège. Course devant être faite par la fine équipe des 4 cimes de Herve. Equipe habituée à la compétition, donc…

La pratique :

Déjà avant le départ, on n’a plus que 3 coureurs mais l’équipe ne se laisse pas démonter et on analyse les possibilités de soutien moral via vélos.

Festif… il se doit donc d’être déguisé. Ce qu’on rechigne un peu à faire mais bon… ça nous permettra d’emmener MaxiET dans son premier marathon.

Ravitos à la bière… Il va falloir se forcer… mais bon, on a le mental pour, Monsieur !

On se retrouve donc à 3, Joëlle, Ben et moi dans un appart de Liège la veille du départ. Oui, on a déjà décidé de ne pas rentrer chez nous après 42kms, 16 bières et un repas complet. Pour passer le temps, on va visiter l’expo Dali. Elle nous permettra de mieux connaitre cet homme fort sympathique au demeurant (“Il y a toujours un moment dans leur vie où les gens s'aperçoivent qu'ils m'adorent.”) et surtout de déjà faire quelques kilomètres à pied…

Finalement, on va chercher nos dossards en repassant par le BeerLover’s festival pour avoir un avant-gout des ravitos et on finira par un bon plat de pâtes à l’appart. Nous voilà fin prêts !!!! On a oublié nos gels et autres gatosport mais tant pis, on est des athlètes, nous ! ;-) . Et donc, après avoir fignolé nos déguisements, on va se coucher.

Dimanche matin, debout à l’aube ! C’est qu’ils ont mis le départ à 8.30 ces sauvages ! 7.00, notre premier supporter est là ! Giovanni. Le temps de tout rassembler et de prendre un petit déj’, on se retrouve sur la place Saint-Lambert vers 7h45 avec MaxiET en fille, 2 Elliot et 1 Gertie en Cowboy. Comme on sait qu’on ne verra pas que des fans du film, on a des dossards avec les images du film pour expliquer…

La première appréhension est celle d’être les seuls déguisés. Elle partira bien vite ! Des blanche-neige, des batmans, des daltons, un homme-fusée, un gâteau d’anniversaire, un groupe de rock et j’en passe viennent remplir la place. Les gens ont bien compris que ça allait être du sérieux !!! 8h00, les organisateurs nous saluent (malgré 2 Césars dans le peloton…) et on nous lâche face au chrono !!! heure limite 6h30… on va devoir rester vigilants !

Départ en trombe vers le petit déjeuner prévu au ravito 1 après 2 kms. On y arrive et on prend notre couque au chocolat. On regarde un peu autour et il semblerait que si on n’est pas bon dernier… ben… on n’en est pas loin quand même !!! Et on voulait prendre de l’avance sur les premiers kilomètres. On tente donc d’accélérer entre le déjeuner et le premier ravito bière au pied des escaliers de Bueren. On y arrive en ayant bien pris de l’avance mais la réhydratation est déjà plus longue que prévue et donc on se lance à l’assaut des escaliers quand les derniers (avant nous) en sont à la moitié !!! Mais on a testé la tactique la veille dans l’appart donc on se lance à corps perdus dans la bagarre et on rejoint et dépasse le bout du peloton avant la fin !!! Ravito à l’eau en haut. Utile mais sans intérêt autre donc on repart vite ;-) . On reprend un petit rythme sur le parcours valonné juste le temps de soufflé et on croise Jo, notre photographe avant de faire une samba avec le groupe de djembé et s’arrêter pour faire une photo du panorama de Liège vu de là-haut. On est toujours au taquet… Une nouvelle montée arrive entre tous les pavés déjà croisés, je commence à fatiguer. MaxiET n’est pas dérangeant sauf en montée et sur les pavés… Nous n’avons que ça depuis le début ! Ah non, les sentiers de terre sont compliqués aussi… et bien en voilà un ! MaxiEt a la bonne idée de lancer sa robe sous les roues. Et me voilà en train de caler le groupe de rock au milieu de nulle part. On s’en sort et on repart pour s’excuser autour d’une bonne bière. On nous annonce le dernier sommet et au ravito, ET commence à faire sa star. Les flashs crépitent et les selfies pleuvent. On commence la descente vers l’île Monsin. Passage à la gare d’Herstal où le tunnel sert de baffle. L’ambiance monte petit à petit et les discussions commencent à s’allonger au ravito. Chubbaka enlève son masque, Idéfix repart avant nous et un gynécologue freelance nous salue… A l’ile Monsin, le ciel se couvre et le vent souffle et on doit faire un demi-tour. Le moral en prend un coup… Buvons pour oublier… et on croise pour la première fois notre amie Japonaise : Viviane ! On reprend. On est dans les temps mais on n’a pas pris beaucoup d’avance sur ces premiers kilomètres assez difficiles. Nous savons que le reste est presque plat mais les ravitos commencent à se succéder assez rapidement… Un petit coup de Troll et on est rejoint par nos supporters Mumu , Pat et Giova. On ne sait pas si c’est lié mais à partir de là, on a l’impression qu’il n’y a plus que des ravitos… Au détour d’une petite ruelle, sur une péniche, dans un magnifique Parc… On n’a presque pas le temps de suer pour avoir assez soif pour le suivant alors on est obligé de danser lors du ravito pour garder un bon équilibre… On fait connaissance avec les panthères roses, les Chtis, 2-3 Bretons… et tout ça dans une merveilleuse ambiance colorée ! Au stand Chouffe, ça commence à partir sérieusement en cacahuète et sur le tronçon d’après, un vrai coureur qui fait son entrainement du dimanche se fait huer par le peloton car il court vite… Les participants sont donc bien tous devenus fous ! On passe devant Gramme mais sur la rive d’en face et on rejoint Belle-ile. Encore un ravito où on croise les flics de New-York qui parlent bien anglais. Les ravitos s’allongent petit à petit… On arrive tout doucement au mur du 30ème avec ravito à la Caulier28 et Djembé au bord de la meuse dans les bois. Il y a bien un mur du 30ème mais sur ce genre de marathon on le passe en dansant pendant plus de 10 minutes au rythme du Djembé avec une tortue Ninja asiatique qui commence à avoir du mal avec nos bières et un Napoléon qui boit pour oublier qu’il a bien mal au jambe ! On peut commencer à décompter le nombre d’heure qu’il nous reste pour les 12 kms. C’est plus facile à compter. On a de la marge mais ce n’est pas énorme et on n’a pas encore commencé les ravitos « solides »… On reprend donc finalement la route car ce serait bête de se faire arrêter en n’ayant pas bu toutes les bières proposées !!!

On retrouve donc Gramme mais du bon côté cette fois et on revient sur Liège. Le solide arrive ! fromage de Val-Dieu et fromage de Herve ! Délicieux ! La nouvelle passerelle et un petit verre de Chimay. C’est là, surement en hommage à Phélèpp que Stef nous rejoint. L’équipe est au complet pour le sprint final… accompagné depuis un certain temps par l’équipe Caulier28. Après quelques détours avec un flic New-Yorkais qui tente d’enlever les tags d’une étrange façon, on trouve le boulet sauce lapin (à prononcer correctement !) Un délice. On a l’œil sur le chrono et dans notre dos pour être sûr que la voiture fermeuse n’arrive pas. On se lance à l’assaut des lacquemans en passant par le ravito Leffe. On en est à 6h28 quand on arrive au dernier ravito Leopold7-Lacqueman à 195 mètres de l’arrivée… On profite une dernière fois de cet ambiance en applaudissant ceux qui passent et finalement on sprinte jusqu’à l’arrivée pour clôturer cette grande fête du sport !!!!!!!

Une journée inoubliable avec des rencontres improbables et des moments de folie douce comme on les aime ! Pour une première organisation, ils ont mis la barre à un niveau insoupçonné ! C’était juste incroyable ! On a pris un pied pas possible. On va mettre du temps à s’en remettre de celle-là ! Et on regardera toujours cette splendide médaille avec des étoiles dans les yeux !

Merci !

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