16/05/2016

15/05/16 : BeerLover’s marathon : Comment respecter le chrono ?

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Et oui, mon objectif de la première partie d’année était la Wings à Cambridge mais finalement grâce à un soleil trop généreux j’ai juste tenté de contrôler la situation pour pouvoir y retourner dans un autre pays l’an prochain. L’objectif devenait alors le BeerLover’s Marathon (BLM), premier du nom, en tentant un chrono de la mort avec une grande équipe…

Mon 19ème marathon risquait d’être bien différent des autres, encore une fois.

La théorie :

BLM : Marathon festif avec des ravitos à la bière qui passe par tous les jolis sites de Liège. Course devant être faite par la fine équipe des 4 cimes de Herve. Equipe habituée à la compétition, donc…

La pratique :

Déjà avant le départ, on n’a plus que 3 coureurs mais l’équipe ne se laisse pas démonter et on analyse les possibilités de soutien moral via vélos.

Festif… il se doit donc d’être déguisé. Ce qu’on rechigne un peu à faire mais bon… ça nous permettra d’emmener MaxiET dans son premier marathon.

Ravitos à la bière… Il va falloir se forcer… mais bon, on a le mental pour, Monsieur !

On se retrouve donc à 3, Joëlle, Ben et moi dans un appart de Liège la veille du départ. Oui, on a déjà décidé de ne pas rentrer chez nous après 42kms, 16 bières et un repas complet. Pour passer le temps, on va visiter l’expo Dali. Elle nous permettra de mieux connaitre cet homme fort sympathique au demeurant (“Il y a toujours un moment dans leur vie où les gens s'aperçoivent qu'ils m'adorent.”) et surtout de déjà faire quelques kilomètres à pied…

Finalement, on va chercher nos dossards en repassant par le BeerLover’s festival pour avoir un avant-gout des ravitos et on finira par un bon plat de pâtes à l’appart. Nous voilà fin prêts !!!! On a oublié nos gels et autres gatosport mais tant pis, on est des athlètes, nous ! ;-) . Et donc, après avoir fignolé nos déguisements, on va se coucher.

Dimanche matin, debout à l’aube ! C’est qu’ils ont mis le départ à 8.30 ces sauvages ! 7.00, notre premier supporter est là ! Giovanni. Le temps de tout rassembler et de prendre un petit déj’, on se retrouve sur la place Saint-Lambert vers 7h45 avec MaxiET en fille, 2 Elliot et 1 Gertie en Cowboy. Comme on sait qu’on ne verra pas que des fans du film, on a des dossards avec les images du film pour expliquer…

La première appréhension est celle d’être les seuls déguisés. Elle partira bien vite ! Des blanche-neige, des batmans, des daltons, un homme-fusée, un gâteau d’anniversaire, un groupe de rock et j’en passe viennent remplir la place. Les gens ont bien compris que ça allait être du sérieux !!! 8h00, les organisateurs nous saluent (malgré 2 Césars dans le peloton…) et on nous lâche face au chrono !!! heure limite 6h30… on va devoir rester vigilants !

Départ en trombe vers le petit déjeuner prévu au ravito 1 après 2 kms. On y arrive et on prend notre couque au chocolat. On regarde un peu autour et il semblerait que si on n’est pas bon dernier… ben… on n’en est pas loin quand même !!! Et on voulait prendre de l’avance sur les premiers kilomètres. On tente donc d’accélérer entre le déjeuner et le premier ravito bière au pied des escaliers de Bueren. On y arrive en ayant bien pris de l’avance mais la réhydratation est déjà plus longue que prévue et donc on se lance à l’assaut des escaliers quand les derniers (avant nous) en sont à la moitié !!! Mais on a testé la tactique la veille dans l’appart donc on se lance à corps perdus dans la bagarre et on rejoint et dépasse le bout du peloton avant la fin !!! Ravito à l’eau en haut. Utile mais sans intérêt autre donc on repart vite ;-) . On reprend un petit rythme sur le parcours valonné juste le temps de soufflé et on croise Jo, notre photographe avant de faire une samba avec le groupe de djembé et s’arrêter pour faire une photo du panorama de Liège vu de là-haut. On est toujours au taquet… Une nouvelle montée arrive entre tous les pavés déjà croisés, je commence à fatiguer. MaxiET n’est pas dérangeant sauf en montée et sur les pavés… Nous n’avons que ça depuis le début ! Ah non, les sentiers de terre sont compliqués aussi… et bien en voilà un ! MaxiEt a la bonne idée de lancer sa robe sous les roues. Et me voilà en train de caler le groupe de rock au milieu de nulle part. On s’en sort et on repart pour s’excuser autour d’une bonne bière. On nous annonce le dernier sommet et au ravito, ET commence à faire sa star. Les flashs crépitent et les selfies pleuvent. On commence la descente vers l’île Monsin. Passage à la gare d’Herstal où le tunnel sert de baffle. L’ambiance monte petit à petit et les discussions commencent à s’allonger au ravito. Chubbaka enlève son masque, Idéfix repart avant nous et un gynécologue freelance nous salue… A l’ile Monsin, le ciel se couvre et le vent souffle et on doit faire un demi-tour. Le moral en prend un coup… Buvons pour oublier… et on croise pour la première fois notre amie Japonaise : Viviane ! On reprend. On est dans les temps mais on n’a pas pris beaucoup d’avance sur ces premiers kilomètres assez difficiles. Nous savons que le reste est presque plat mais les ravitos commencent à se succéder assez rapidement… Un petit coup de Troll et on est rejoint par nos supporters Mumu , Pat et Giova. On ne sait pas si c’est lié mais à partir de là, on a l’impression qu’il n’y a plus que des ravitos… Au détour d’une petite ruelle, sur une péniche, dans un magnifique Parc… On n’a presque pas le temps de suer pour avoir assez soif pour le suivant alors on est obligé de danser lors du ravito pour garder un bon équilibre… On fait connaissance avec les panthères roses, les Chtis, 2-3 Bretons… et tout ça dans une merveilleuse ambiance colorée ! Au stand Chouffe, ça commence à partir sérieusement en cacahuète et sur le tronçon d’après, un vrai coureur qui fait son entrainement du dimanche se fait huer par le peloton car il court vite… Les participants sont donc bien tous devenus fous ! On passe devant Gramme mais sur la rive d’en face et on rejoint Belle-ile. Encore un ravito où on croise les flics de New-York qui parlent bien anglais. Les ravitos s’allongent petit à petit… On arrive tout doucement au mur du 30ème avec ravito à la Caulier28 et Djembé au bord de la meuse dans les bois. Il y a bien un mur du 30ème mais sur ce genre de marathon on le passe en dansant pendant plus de 10 minutes au rythme du Djembé avec une tortue Ninja asiatique qui commence à avoir du mal avec nos bières et un Napoléon qui boit pour oublier qu’il a bien mal au jambe ! On peut commencer à décompter le nombre d’heure qu’il nous reste pour les 12 kms. C’est plus facile à compter. On a de la marge mais ce n’est pas énorme et on n’a pas encore commencé les ravitos « solides »… On reprend donc finalement la route car ce serait bête de se faire arrêter en n’ayant pas bu toutes les bières proposées !!!

On retrouve donc Gramme mais du bon côté cette fois et on revient sur Liège. Le solide arrive ! fromage de Val-Dieu et fromage de Herve ! Délicieux ! La nouvelle passerelle et un petit verre de Chimay. C’est là, surement en hommage à Phélèpp que Stef nous rejoint. L’équipe est au complet pour le sprint final… accompagné depuis un certain temps par l’équipe Caulier28. Après quelques détours avec un flic New-Yorkais qui tente d’enlever les tags d’une étrange façon, on trouve le boulet sauce lapin (à prononcer correctement !) Un délice. On a l’œil sur le chrono et dans notre dos pour être sûr que la voiture fermeuse n’arrive pas. On se lance à l’assaut des lacquemans en passant par le ravito Leffe. On en est à 6h28 quand on arrive au dernier ravito Leopold7-Lacqueman à 195 mètres de l’arrivée… On profite une dernière fois de cet ambiance en applaudissant ceux qui passent et finalement on sprinte jusqu’à l’arrivée pour clôturer cette grande fête du sport !!!!!!!

Une journée inoubliable avec des rencontres improbables et des moments de folie douce comme on les aime ! Pour une première organisation, ils ont mis la barre à un niveau insoupçonné ! C’était juste incroyable ! On a pris un pied pas possible. On va mettre du temps à s’en remettre de celle-là ! Et on regardera toujours cette splendide médaille avec des étoiles dans les yeux !

Merci !

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16/11/2015

14/11/2015 : Marathon DU Cognac : je bonifie avec l'âge...

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Comment j'en suis arrivé à ce moment magique du 14/11/2015 à 12h05 ??? Je n'arrive pas encore tout à fait à y croire...

Tout commença par une invitation au marathon d'Istanbul lors de l'apéro qui précéda l'Ekiden de Charleroi avec l'équipe des papys... l'idée de faire le marathon qui passe d'un continent à l'autre en emballa plus d'un ! Et on commença à organiser la chose. Et puis, l'équilibre de la Turquie vacilla. On décida de trouver une nouvelle destination pour être surs de ne pas avoir d'ennui ! C'est celui du Cognac qui remplissait toutes les conditions. Pas trop tôt, pas trop loin et sympa ! Le changement de destination à modifier un peu le groupe et on se retrouve donc à 6 inscrits – Joëlle et moi, Fred , Giovanni, Flo et Bernard. Plus qu'à s’entraîner... ou pas ! Et oui, on a perdu 2 coureurs en cours de route. Joëlle et Giovanni mais ça ne les empêchera pas de venir nous supporter ! C'est donc finalement à 4 marathoniens et 2 supporters qu'on part pour le pays du Cognac !

On fait le voyage le vendredi. Dès la reprise des dossards, on sent la belle organisation. Une bouteille de Cognac, un pied de vigne, une veste technique offerts avec le numéro pour le lendemain !!! On a déjà récupéré la mise de départ !

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On va dire bonjour à l'hôtel et on se rend à l'italien de Cognac. Splendide décor et repas revigorant pour être prêts pour le lendemain. On retrouve nos lits respectifs vers 22.30 pour passer une belle nuit.J'ai tout pris pour mon déjeuner car l'hôtel ne commence le petit déj' qu'à 8h... mais la gentille dame nous propose de descendre dans la salle pour manger quand on voudra le matin. Je le note et je m'en félicite !

En regardant internet, je vois que la Belgique à gagné !!! (Wouais ! ) et il semblerait qu'à Paris ce soit moins festifs mais il ne parle que du stade et je ne veux pas trop approfondir ce genre d'info pour l'instant. Je me couche et sombre dans le repos du guerrier.

6h. J'éteins le réveil avant qu'il ne sonne comme d'habitude avant un marathon... Je m'habille vite fait et je prend mes affaires pour déjeuner. Je descends et là... personne... j'allume et m'installe et je mange seul. Je suis bien au calme et j'ai tout ce qu'il me faut. Je remonte et j'allume Facebook... il semblerait que ça a vraiment mal tourné à Paris. Je ne comprends pas tout et je ne cherche pas trop à savoir. La seule nouvelle que je veux connaître vient du facebook de l'organisation : « course maintenue ». ça aurait été un comble de ne pas pouvoir courir à Jarnac alors qu'on n'a pas été à Istanbul par peur de terrorisme... La vie est parfois bizarrement faite... On part sans trop s'informer pour pouvoir profiter de cette journée.

On passe par la campagne pour arriver à Jarnac. On pourra déjà voir une partie de notre première boucle sans brouillard et quelques signaleurs déjà au poste ! On se parque à l'endroit donné la veille à la remise des dossards et on continue à pied. Flo et Bernard vont chercher leurs dossards et on se rend sur la ligne de départ.

Le semi est quasi prêt à partir. On devra attendre un quart d'heure après pour en faire de même accompagné des 10 kms. On aura droit à une minute de silence pour les événements de la nuit et d'un feu d'artifice dans le brouillard matinal. Un petit clin d'oeil à Vannes et à Gilles ;-) . Le semi part et on prend leurs places dans le box de départ. Je vais bien. Tous les rituels ont été suivis et j'ai trouvé assez de toilettes pour être tranquille. Je suis devant mais pas trop car les 10 sont avec nous et quand je me retourne je vois Fred. Second feu d'artifice et c'est parti pour quelques kilomètres dans les alentours.

Dès les premiers 500 mètres, je vois nos 2 supporters et je rentre dans mon marathon. Mes puls déconnent mais je sais quelle vitesse prendre. Je ne suis pas enfermé par les 10 kms et je trouve tout de suite le rythme. Je dépasse les 2 duos de malvoyants (enfin, un voyant et un malvoyant dans chaque duo, bande d'idiots!) et je les encourage.

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Je dépasse car ceux qui font 10 kms partent souvent trop vite et donc craquent au 2ème kilomètre... moi pas encore... C'est donc assez bon pour le moral. Je sais que je ne dois pas me griller sur les 10 premiers kilomètres car ils ne sont pas plats. Les montées sont moins effrayantes que sur papier mais je suis content de le savoir pour ne pas hypothéquer le reste. Je retrouve mes puls sur ma montre et elles sont juste là où elles doivent être ! Les 10 s'en vont et je me retrouve avec 2 types à 20 mètres de moi. Je les rejoins et on fait un peu le topo... On est sur un tempo de 2h50 !!! Ils veulent que je passe devant mais je leur dis que c'est bien beau mais que ce n'est pas tout à fait le but de la journée (bien que je suis très content de la tournure des événements!) Ils reprennent un peu d'avance. Au 12ème, ils tournent à droite alors que c'est tout droit et j'en profites pour les rejoindre quand ils reviennent sur le bon chemin. C'est un ravito et il y a de la musique. Je passe premier et mon cerveau essaye de me dire quelque chose... Je bois, je prend une banane et finalement je questionne mon cerveau... « qu'est ce qu'il y a ???? » - « écoute la musique ! ». Je repars et tend l'oreille. Je connais cet air là ! Mais oui ! Les sardines !!!!!!!!!! Je me dandines juste devant les 2 que je viens de dépasser et je relance sourire aux lèvres ! Ils me repasseront un peu plus loin. On fini par rejoindre les 10 kms. En tout cas, le bout du peloton. Ce qui ne facilite pas les choses car ils prennent pas mal de place malgré la route bien large et qu'ils sont à +/- à 10 km/h et nous... je regarde ma montre... ça fait pile une heure que je cours... et je suis au... 15ème !!!!! Euh... comment ? C'est cassé la machine ??? Je devrais être au 14ème dans le meilleur de mes plans définis à l'avance !!! Il y a deux solutions, soit ce sera comme à Eindhoven, l'explosion en règle, soit... je n'ose même pas y rêver ! Je continue... Je dis déjà bonjour à 2 dames qui ont le Tshirt de la course d'Habay-la-neuve et l'une d'elle reconnait E.T. et confirme qu'il a déjà été à Habay...

17ème, je suis à nouveau à Jarnac et un chai arrive à l'horizon avec 2 belges à l'entrée ! Ce sont mes

supporters ! Cool ! Je fais un petit signe (les effusions de joie seront pour un autre jour ;-) ) et je veux prendre à boire au ravito.. mais il n'y a que du Cognac !!!! C'est un peu tôt pour déconner donc je rentre dans le chai et à la sortie, en plus de ma supportrice ayant suivi le mouvement, il y a un vrai ravito et c'est reparti pour la deuxième boucle de l'autre côté du village.

Je sais que les 10 kms suivants sont bien plats et qu'il me faudra donc relancer tout seul comme un grand. Ce que je n'aime pas trop. Heureusement, un de mes lièvres n'est pas trop loin et il me sert de réveil-matin quand je m'endors trop. Le brouillard peine à se lever et avec l'humidité, je dois nettoyer la buée qui se met sur mes lunettes. Je finirais par les enlever... ça tourne toujours mais il semblerait que les kilomètres de ma montre soit décalés par rapport aux officiels. Le passage du chai probablement... mais que ce soit l'une ou l'autre mesure, je suis toujours beaucoup trop tôt pour faire 3 heures ! Jusque quand ça va tenir comme ça ?

Passage dans une abbaye et on commence la plus longue montée. Je pensais qu'elle allait jusqu'au 30ème mais apparemment... c'est un peu plus loin le début de la descente... Je ne panique pas, je perds un peu mais je sais que quand on commencera à descendre ce sera jusqu'à l'arrivée ! Au milieu de la montée, c'est partenaire particulier qui vient me supporter à travers les baffles d'une animation ! Re-grand sourire ! Et au 33ème c'est le chai festif ! Grosse ambiance mais je ne m'attarde pas et la descente arrive !

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Le chrono est toujours exceptionnel et je me sens encore un peu en forme... un peu... en tout cas plus que mes 2 lièvres du début que je laisse sur place ! C'est parti au mental pour 9 kms de faux plat descendant. Encore un chai après avoir entendu Tata Yoyo chanté par une dame déguisée qui a eue droit à des bisous envoyés par ce type qui descend avec un ET dans le dos. Elle me répondit par un « ET maison » tonitruant ! Au chai, ET se fait encore remarqué et ils me disent aussi « allez, maison » et je leurs répond qu'il sera bien content d'être à la maison le monsieur car je commence sérieusement à fatiguer !

Revoici l'entrée de Jarnac ! Ça sent la fin et le chrono ne s'approche toujours pas des 3 heures ! Est-ce vraiment possible ? Il doit y avoir plein de détour sur la fin ! En plus ça dépend si je prend les officiels ou ceux de ma montre (400 m d'écart... ok ça ne va pas faire une énorme différence mais je n'y crois pas!!) Et soudain, je tourne et je suis au bout du quai d'où je vois le pont avec l'arrivée. Mon sang ne fait qu'un tour et les larmes arrivent... Ma montre indique 2h52... Je ne mettrais jamais 8 minutes à faire les 300 mètres qui restent... quoi que... le choc me tétanise presque et je dois me concentrer pour pouvoir continuer à courir. Je vois mes supporters mais je ne peux plus sortir de ma ligne de conduite de peur de tomber... J 'entend Joëlle qui dit « tu es 10ème » mais l'info reste dans mes oreilles car le cerveau tente de me garder debout du mieux qu'il peut. L'émotion est énorme ! Je vais exploser mon chrono et pas d'un peu !!! Je passe la ligne les bras en croix et je regarde ma montre... 2h53m45s ! Et puis je lève la tête... je suis entouré de moines... belges d'Habay la neuve qui finissent leur semi-marathon ! Je prend ma médaille, je me retourne et je vais embrasser le logo du verre d'Orval qu'ils ont sur leurs aubes ! Je suis aux anges. Quel moment magique ! Yapuka aller chercher un verre de Cognac-Schweppes et fêter ça dignement !!! J'aurais aussi besoin d'un peu de coca et d'eau car je suis un peu fatigué quand même mais quel bonheur !

On ira attendre les 3 autres marathoniens avec sifflet et pompons pour tous les arrivants au soleil sur les quais et petit à petit je vais me rendre compte de l'exploit réalisé ! Tous nos marathoniens arriveront sur la ligne d'arrivée et on pourra aller fêter ça à Cognac dans un bon resto !

Le lendemain, on visitera encore un peu Jarnac avant de rentrer chez nous avec pleins de beaux souvenirs et un chrono d'enfer dans les valises !!!

Merci à tout ce petit groupe ! Encore une nouvelle histoire incroyable à mettre sur le compte d'un marathon !;-)

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03/06/2015

Luxembourg : 30/05/2015 : Marathon : Une étrange expérience…

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L’an passé, lors du semi-marathon du Luxembourg, j’ai découvert qu’en 2015 ce serait la 10ème édition. Ayant participé à la première édition avec Japy en finissant tous les 2 sans marcher pour la première fois, le risque de revenir était grand… Par contre, j’ai tout de suite su que c’était le même week-end que les 20km de Bruxelles… J’ai donc pris les devants avec Joëlle et nous nous sommes inscrits sur le semi-marathon et sur les 20 kms de Bruxelles afin d’éviter d’être inscrits sur le marathon… et les 20km de Bruxelles. L’idée était déjà assez bête puisque le semi du Lux commence à 19h le samedi et les 20km à 10h le dimanche…

Nous étions donc prêts à nous amuser sur ces 2 courses lorsque Japy me téléphona début d’année. Il avait une proposition… Quelqu’un de son Club cherchait un lièvre pour faire un marathon en 4 heures et il avait pensé à moi !!! Flatté, j’accepte en demandant quand même sur quel marathon… ben… celui du Lux bien sûr ! J’ai dû réfléchir longuement et 2 secondes plus tard j’acceptais cette proposition plus que débile ! Fêter mon premier marathon réussi sur la 10ème édition de celui-ci en tentant d’y faire réussir quelque d’autre…. Et suivre le tout d’une ballade dans Bruxelles avec Maxi-ET ! Tout ça après un mois d’avril et Mai plus que chargé… Je décide de programmer ma pause de mi-année le 1er Juin et il ne reste plus qu’à attendre le jour M !

J’ai voulu courir avec mon binôme avant le Jour M mais ça c’est avéré impossible malheureusement et donc le vendredi soir en partant au Luxembourg, je ne connais pas encore Giuseppe. J’ai eu des contacts par mail et par téléphone avec son coach mais ce sera un peu du freestyle point de vue suivi sur course. Par contre, Giuseppe m’a offert un dossard VIP ING ! Je vais donc chercher mon précieux sésame sans faire la file au stand ING et accompagne Joëlle et Japy qui vont chercher leurs dossards normaux du semi-marathon ;-) . On profitera de la pasta-party puisqu’elle est offerte et on ira se reposer un peu.

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Le lendemain, je découvre enfin Giuseppe. Il est italien et on parle donc anglais… ce qui ne facilitera pas les encouragements mais ce n’est pas bien grave. Il en est à son 4ème marathon avec beaucoup de désillusions sur ses précédents… en plus, il aime à courir seul et il a encore beaucoup de questions à 9 heures du départ… Je tente de le rassurer et on se donne rendez-vous à 18h devant le hall de sport.

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Je profite de l’invitation VIP au ING café avec Joëlle ce qui nous permet d’apprendre à remplir un sandwich et de déjà prendre 2 chapeaux oranges, vengeance de Vienne ;-) ! Retour chez Japy pour un peu de repos et les pâtes habituelles à 3 heures du départ. Le stress monte car il y a quand même un marathon à faire et je n’ai rien en main pour connaitre son déroulement ! On retourne au LuxExpo et après avoir laissé nos sacs, on retrouve Giuseppe prêt à en découdre. On se retrouve vite à 2 puisque Joëlle et Japy ont décidé de le faire délire en partant les derniers pour remonter le peloton…

Une nouvelle histoire de marathonien peut commencer ! J’ai Micro-ET à la ceinture pour son premier marathon. Giuseppe a une petite poupée fétiche accroché à son collant. Il a l’air calme et confiant. Un de ses amis vient l’encourager et finalement le départ est donné.

On marche jusqu’au tapis et c’est parti. 5min40/km c’est le deal ! Pas facile sur ce parcours car ce n’est pas super plat… On trouve pourtant rapidement le bon rythme et j’aide Giuseppe à trouver les espaces entre les groupes de coureurs du semi. Les marathoniens sont très peu nombreux. Je ne sais pas encore bien pourquoi mais je ne vais pas tarder à le savoir… On ne s’en sort pas mal et au premier ravito, je fais boire Giuseppe qui avait omis ce conseil à ses précédentes tentatives… Le soleil est bel et bien là et il fait bon. On entame la grande descente ! On accélère mais raisonnablement. Au pied, Joëlle et Japy nous dépassent dans leur folle remontée !

13ème, passage par un Parc. Les sentiers sont vraiment étroits et je sers de poisson-pilote à Giuseppe pour essayer de garder une vitesse constante en évitant les coureurs… On récupère à la sortie. J’ai l’impression qu’on gère ça bien et la séparation est proche. On sera bientôt quasi seuls et ce sera plus facile à gérer. Mon tomtom m’indique une moyenne de 5m40s/km. On aurait dû prendre un peu d’avance mais avec cette foule et la succession de montées et de descentes, je suis déjà bien content ! Les ravitos sont bien utilisés et Giuseppe semble aller ! Voilà la séparation.

On n’est pas si seuls que ça car il y a encore les teams avec nous qui ont de drôle de vitesse en fonction du relayeur… Giuseppe a sa vitesse et c’est gai de le voir dans sa bulle. On trouve toute sa famille au détour d’un quartier et les encouragements fusent en italien ! En plus il y a une boucle donc on les retrouve tout de suite ! Le semi approche ! Giuseppe demande à faire une petite pause. Pas de problème un arbre fait l’affaire. Encore un km et on arrive à un relais pour les teams. Giuseppe a besoin d’une vraie toilette ! Elles sont envahies par les relayeurs ! J’ai pris sa ceinture avec ses gels pour qu’il ait facile et je me retourne pour trouver d’autres toilettes. Quand je recherche Giuseppe, je ne le vois plus… Il doit être rentré dans une des 3 dixi… J’attends… Dans la première, ce n’était pas lui… dans la deuxième… non plus et quand un inconnu sort de la troisième je me liquéfie !!!! Mince ! J’ai ses gels, on est à peine à la moitié et je ne sais pas où il est !!!!!!! Et la foule est énorme dans cet endroit de relais !! Je décide de continuer et je trouve un ravito quelques centaines de mètres après. J’y bois, je réfléchis quand soudain il arrive du bout de la rue !! Fiesta !!! Je suis bien content !!! Je garde sa ceinture car s’il a mal au ventre ça ne l’arrangera pas et on repart. Il semble différent… On arrive juste au semi et mon chrono donne 2h05. On est hors chrono mais rien n’est joué. Pourtant, il sort petit à petit de sa course et la vitesse chute… Je ne le connais pas assez pour savoir si je peux le forcer à retrouver sa vitesse ou s’il vaut mieux le laisser récupérer… Mon rôle devient celui qui le forcera à passer la ligne d’arrivée… Il décide lui-même d’oublier le chrono et on part pour 20 bornes au mental !!!! De mon côté, le mental doit être là aussi car mon mollet mis à rude épreuve depuis 1 mois et demi commence à me le rappeler et le dénivelé du jour ne m’aide pas à le faire taire ! Et on n’est pas au bout de nos surprises !!! Au 30ème, la route s’incline vers le bas. On ne va pas aller de le ground au moins ??? et bien si !!! Et l’arrivée est tout en haut de la ville !!! Et bien vu l’état de notre duo, on va rire ! Le timing n’est pas respecté mais on s’en sort raisonnablement avec un 4h10 faisable si on tient ! La nuit envahie Luxembourg et donne une ambiance spéciale. C’est magnifique ! On retrouve les petites rues du centre et cette fois, c’est nous qui bloquons les gens des teams… la vitesse chute… les crampes arrivent chez Giuseppe… Le 36ème est passé et on arrive à la grande remontée vers le LuxExpo. Ca va être dur… Juste avant, j’ai eu droit à un moment surréaliste offert par mon duettiste italien (c’est ce mot qui est important ;-) ). Il accélère soudainement, ouvre sa veste et au passage des photographes, il sourit et lève les bras en montrant bien son dossard pour pouvoir retrouver la photo… et puis, il retrouve son rythme actuel fait de petites foulées qui, il espère, l’amèneront jusqu’à la fin. Tous le faux-plat sera fait en trottinant de la sorte. C’est impressionnant car je le sens au bord de la rupture mais il continue. On passe le 37ème en 3h50 ! A l’approche du 39ème, on tourne à gauche et la route s’élève encore… c’en est trop pour le mental de Guiseppe… il marche et le tendon de sa cuisse droite crie au fou ! Il ne repartira plus… Je tente de l’encourager mais je dois rester un peu dans ma bulle car mes jambes sont complètement mortes aussi… Les derniers kilomètres sont longs, dans la nuit et le vent à 5°C… la volonté de Giuseppe de finir n’en est que plus belle ! Au passage du 41ème, il retrottine et on finira à cette allure jusqu’au Luxexpo où on recevra enfin la médaille tant désirée ! Le chrono indique 4h40… La famille de Guiseppe est là et Joëlle est bien heureuse de nous voir enfin arriver ! Notre nuit se rétrécie de plus en plus… Je laisse Giuseppe à ses questions en le félicitant et je me change pour aller dormir à Limal… avant de se réveiller pour arriver à 8h15 à Bruxelles… Jacques Borlée nous y attend ! Mais ça c’est une autre histoire !

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Que retenir de ce marathon ?

Surtout ne jamais faire le marathon du Luxembourg à fond avec ce nouveau parcours !!!! Il est complètement dantesque ! Mais il est magnifique !!! La ville est superbe la nuit avec tout ce monde.

Pour faire coach de quelqu’un sur marathon, il faut le connaitre et savoir comment lui parler. Je me suis trouvé fort dépourvu lorsque Giuseppe à faiblit. Je ne savais pas comment réagir sans risquer de faire pire que mieux. J’ai dû l’aider mais sans doute quelqu’un qui le connait mieux aurait pu l’aider plus.

C’est toujours impressionnant de voir un marathonien jouer avec ses limites… que ce soit à n’importe quel chrono ! Et on était 2 à jouer avec nos limites…

 

Le numéro 17 restera donc gravé comme un marathon spécial et comme une nouvelle expérience.