11/09/2017

09/09/2017 : Marathon du Médoc : épique ! (Marathon XXII)

 

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Est-ce possible que toute une vie ne soit faite que pour vous faire vivre 24h comme celles-là ? Ou ce n’est juste qu’un step en plus pour 24 autres heures encore plus délirantes ???

Il y a encore 4 mois, je disais que le Marathon du Médoc devait sûrement être sympa mais qu’il y avait trop de monde et que je ne voulais pas me battre pour avoir un dossard… et donc, le destin est venu me pousser dans le dos !

Par où commencer ? Au début, j’ai commencé à courir sérieusement… et puis petit à petit… à coup d’inscription à certain forum, de rassemblements à Saint-Georges, d’ékiden, de 4 cîmes, de mascottes et surtout d’organisations surréalistes du côté de Liège, j’ai fini par courir le 2ème Beer Lover’s Marathon à Liège avec MaxiEt et un groupe de dégénérés. Je n’ai pas vraiment l’impression que cette succession de faits de ma vie soit tout à fait due à des décisions que j’ai moi-même prises mais je n’ai juste jamais dis non… C’est ce que j’ai trouvé de plus proche du mot « destin »… et ça ne faisait que commencer !

Lors du 2ème BLM, donc, au stand de la Caulier, comme par hasard, je retrouve un anglais qui était déjà là lors du premier. On se salue et il me dit (en anglais – je vais directement traduire l’anglais pour votre facilité puisque je suis maintenant totalement bilingue !!!) : « Je suis revenu pour me souvenir des 10 derniers kilomètres !!! » et quelques kilomètres plus tard au milieu des bois, il me lancera : « Tu dois venir au Marathon du Médoc avec nous en Septembre!!!! » . Je mets cette proposition sur le compte des 25 bières dégustées car le Médoc est complet depuis de nombreux mois donc ça me paraît totalement farfelu. Mais « Who knows ? » (j’ai un peu du mal à ne plus parler anglais… l’habitude…).

Une fois le BLM digéré… j’arrive à contacter David via Facebook pour savoir si, sans alcool dans le sang, la proposition est vraiment réaliste. Il me le confirme et m’envoie un fichier à remplir et le montant de l’acompte. Je paie et j’envoie mon certificat médical. Je propose aux autres membres du groupe du BLM mais personne n’est chaud pour me suivre dans cette proposition qui ne semble pas du tout foireuse… Pour rappel : faire le marathon du Médoc dans un groupe d’une centaine d’Anglais dont je n’ai parlé qu’avec un seul membre au 30ème km du BLM qui me promet d’avoir un dossard pour moi alors que c’est complet et qui organise l’hôtel à Bordeaux et le transfert en bus vers Pauillac pour le départ… Cette proposition semble pourtant tout à fait réaliste et normale et donc comme depuis de nombreuses années… je ne dis pas non !… Tout en n’y croyant pas une seule seconde ! J’ai sûrement déjà perdu le montant de mon acompte que je ne reverrai plus et je serai bien seul à Pauillac pour supporter pleins d’inconnus puisque je n’aurai pas dossard ni d’ailleurs un quelconque anglais connu sur place… Par contre, j’ai le thème du déguisement !!! Village People !!! D’autres courses très sérieuses me permettront, grâce aux gens rencontrés, de peaufiner le mien. Merci Giova !!!

Les jours avancent et la date fatidique approche. Pas beaucoup de nouvelles d’Angleterre. Je fouille le site officiel du marathon pour tenter de trouver au moins le nom de David dans les inscrits… rien… Je tente 2-3 autres noms de la liste reçues… rien… Bon… Je vais toujours préparer mes vacances autour de la date prévue et on verra bien… Finalement, fin août, David rappelle à tous d’envoyer son certificat et demande de régler le reste des frais (la semaine ou j’ai bloqué ma carte de banque pour une sombre histoire de sac à dos, évidemment, le destin,surement…). Ils semblent donc que il y ait bien un groupe qui existe car d’autres répondent à son message… et le 27/8, je trouve mon nom dans les inscrits du site officiel sous le dossard 9425 (retenez ce chiffre, il ne servir plus à rien plus tard !!!!). Moi qui aime bien avoir tout prêt bien à l’avance… rien que cette préparation augurait de l’état d’esprit du week-end mais j’étais encore bien loin de la réalité !

Je pars donc en vacances sans plus d’informations… Le mercredi, Chris me contacte. Il sera mon compagnon de chambre. Il parle anglais… comme beaucoup de gens du groupe (tous ? Comment ça tous????). Il me donne l’heure d’arrivée de son avion, vendredi soir… un lieu de rendez-vous n’est évidemment pas défini !… Le marathon démarre le samedi à 9h30, juste pour rappel…

Je suis à Bordeaux à partir du mercredi soir. J’apprendrai le vendredi matin que je suis pendant les 2 jours d’avant dans le troisième hôtel Ibis de la rue et donc juste celui où il n’y a personne du groupe qui arrivera… Je dois donc déménager de 2 patés de maison le vendredi matin… Ce que je fais et j’attends sagement dans ma (notre) chambre que les anglais arrivent. Ils dénomment les 2 hôtel Ibis utilisés le « Shitty Ibis » pour le moins cher et le « Posh Ibis » pour le plus luxieux (ça reste un ibis…). J’adore ! Un groupe Whatsapp est créé et on commence à voir les photos des autres dans les aéoroports avec des parties de leurs costumes… ça ne présage rien de bon ! Je n’ose pas trop sortir. Je ne sais vraiment pas dans quoi je me suis aventuré. Je ne connais personne et je ne les comprends qu’à moitié… 17h. Le gros des troupes est à l’aéroport et un rendez-vous est donné au bar du Shitty Ibis. C’est parti, je dois me lancer dans cette journée de fou qui ne finira que le lendemain soir…

**** Bon, là, j’ai déjà une page et demi et l’aventure commence seulement et chaque seconde à été incroyable donc ça risque d’être vraiment long… ****

Je prends donc ma casquette BLM rouge pour avoir un objet distinctif pour me faire reconnaître et j’ai déjà ma moustache pour le lendemain… J’envoie un message sur le whatsapp pour dire que j’arrive dans le bar du shitty ibis (je le mets en anglais dans le message mais comme je sais que tout le monde ne peut pas comprendre mon anglais -surtout pas les anglais- donc, ici, je traduis direct…). Après 5 minutes perdu dans le hall à essayer de savoir si je ne reconnaîtrais pas quelqu’un que je ne connais pas… un message m’arrive : « j’arrive. Tu es où ? ». OK. Je me décris vite fait et j’attends. 2 minutes et une anglaise m’accoste ! (une telle efficacité n’est pas vraiment dans mes habitudes…) Par chance, après quelques phrases en anglais elle me demande si je parle français (soit mon anglais est vraiment splendide et elle croit que je suis anglais, soit mon accent est tellement bizarre qu’elle ne sait pas de quel pays je viens…). Elle parle un peu français ! La chance et elle part dans le bar pour me présenter à 2 autres membres du groupe. Première bière… et les autres arrivent ! Voilà Chris ! His bag is already in the room (Ah ! Flûte ! l’habitude!) Ces bagages sont dans la chambre et donc il me propose une bière… Je commence à essayer de comprendre les gens. Là, 2 courants contradictoires : 1 – plus je bois, mieux je comprends l’anglais et mieux je pense le parler… 2 – Plus il y a de monde, moins je comprends… Tentons donc de trier le groupe car ils deviennent vraiment nombreux et je n’arrive pas à suivre pour avoir un taux d’alcool suffisant pour tout comprendre ! Et ça devient vraiment urgent quand une membre du groupe arrive avec ma photo avec MaxiET au BLM sur son smartphone et me demande : « is it you ?? ». euh… Il faudrait voir à manger car demain… il semblerait qu’ils savent qu’il y a un marathon (mais peut-être pas tous vu l’envie de faire la fête de certains…). De mon côté, je ne m’en sors pas trop mal pour l’instant et je comprends assez que pour être dans un groupe qui va dans un resto et non dans un bar ! J’ai perdu Chris par contre… Pas trop grave, on a chacun sa clé !

On est 6. Une fille semble connaître un resto italien… pourquoi ? Comment ? J’ai définitivement décidé de ne plus me poser de question sur le sens de la vie dans les prochaines 24 heures voir plus… On arrive mais ce n’est pas le plus grand resto de Bordeaux ! Je propose mes talents de traducteur pour négocier avec le resto une table ou en tout cas une solution. Je passe pour un dieu ! (apparemment, ils ne sont toujours pas persuadés que le français est ma langue maternelle…). On reçoit l’adresse d’un autre resto dans la rue d’à côté où je vais pouvoir refaire la démonstration de ma maîtrise du français ! On a une table ! Je viens de sauver la soirée de 5 anglais ! (4 filles et un garçon… cette soirée est vraiment inattendue!). On déguste donc des pâtes comme avant tout marathon… Ah, non… ils prennent des pizzas… avec du vin… J’ai dis que j’arrêtais de me poser des questions… A minuit, je fini dans ma chambre en me disant que, vu les messages des autres sur Whatsapp, je ne m’en suis pas trop mal sorti. Je dis à Chris de prendre son temps et je mets le réveil pour le lendemain (5h00...) avant de m’endormir. La première partie de mon suicide par marathon est fait !

Ah oui, au sujet des dossards et autres tshirts et autres packs de bienvenue. David (via Whatsapp) nous a dit qu’on aurait tout dans le bus en allant vers Pauillac et il a donné une liste des certificats qu’il manquait. Je ne suis pas dedans donc normalement pas de problème… Je suis de toute façon déjà content d’avoir vu l’horaire des bus dans l’hôtel… bien que tout le monde n’a pas l’air d’avoir la même heure sur Whatsapp… mais pour l’instant, dormons…

5.00 : mon réveil sonne. Je me lève silencieusement car Chris semble avoir décidé de suivre un autre horaire… de toute façon, je sais ce que je dois faire. Déjeuner, passage aux toilettes et après on peut commencer à savoir ce qu’il se passe. J’arrive quasi seul au déjeuner… Les autres doivent avoir le même horaire que Chris… seul 2-3 asiatiques sont là. Je déjeune donc. Quand je retourne à la chambre. Chris est debout et se prépare. Je me déguise petit à petit et je prépare mon sac d’après-marathon.

6.30 : on descend. Le bus était prévu à 6.45… Chris n’a pas encore mangé mais il n’a pas la grande forme… Je trouve David qui tente de me dire un truc sur les dossards mais ce n’est pas bien clair. Le bus qui était devant l’hôtel vient de partir sans nous… une partie du groupe est dans le shitty ibis… Je suis le seul avec un sac d’après marathon… on est 90 déguisés en YMCA dans le hall… Ils parlent tous anglais… c’est sûr, je vais me réveiller… et bien non… un autre bus arrive et on monte tous dedans ! On a besoin de 2 bus. Je me retrouve à côté de Chris qui tente de se rendormir pour éviter d’être malade dans le bus. Je sors mes demi-chaussures de chantier de leur sac en plastique et le tend vers Chris. Il sourit et je vois qu’il espère ne pas en avoir besoin mais me remercie car au moins il sait qu’il existe… De mon côté, mon estomac n’est pas super en forme non plus et 1 heure de bus n’est pas ce que je préfère non plus… Je fini donc la route en espérant qu’on ne doivent pas tout les 2 utiliser le sac plastique… Je profites pour mettre ma deuxième couche de chaussures (caterpillar sans semelles au-dessus des baskets) ce qui épate les autres du groupe ! Cette idée fut l’idée de génie du jour !

Durant le voyage David distribue les dossards. Je prends celui de Chris qui n’est pas tout à fait avec nous. J’attends… j’attends… finalement comme David a été se rasseoir, je vais aux nouvelles. Mon dossard ? Réponse inattendue à 8.00 quand le marathon commence à 9.30. Je ne l’ai pas, il y en a 13 sans certificat. Ok mais je l’avais le certificat… il faudra aller voir au retrait des dossards avec les 13 autres.

Et j’ai cru que c’était gagné hier soir…

bizarrement, je ne suis pas trop énervé. Sans doute à cause du mal des transports. Je suis plus occupé à tenter de ne pas être malade… On arrive sur place et là déjà il y a des gens déguisés partout. C’est vraiment la folie ! Je n’ai jamais vu ça ! On descend du bus et je trouve le groupe des sans dossards. On a 1 heure ! On trouve le panneau « retrait dossard » que les anglais ne comprennent évidemment pas… donc je leur dis que c’est par là ! Quelqu’un nous arrête et nous parle en français (forcément à Pauillac…) « Ici, il n’y a plus rien, il faut aller à l’arrivée au bout du quai ! ». Bon, ok, il y a un quai à Pauillac… Et sûrement l’arrivée se fait sur celui-ci… On va dans la direction indiquée mais de grande barrière Heras filtrent le peloton et on n’est pas tout seul. On va perdre un temps dingue si on doit attendre pour les fouilles. Je trouve une dame de l’organisation et avec mes talents en langue de Molière je négocie un passage rapide en dépassant tout le monde. La dame à un badge de l’organisation ! Je rassemble tout le groupe et elle arrive à nous faire tous passer mais de l’autre côté je ne la retrouve plus… Où sont les dossards ? Je retrouve le groupe des sans-dossards… encore 45 minutes… Au loin des ballons, ça doit être l’arrivée. Allons-y ! Une tonnelle. Les dossards ? De l’autre côté ! On touche au but ! Je passe premier pour faciliter les négociations et on me demande mon numéro de dossard… le monde s’écroule… si près du but… ben… euh… comment dire… on n’en a pas… pas un seul du groupe n’a son numéro de dossard… Je donne ma carte d’identité que j’avais prise avec moi par erreur (le destin, sûrement) et le type cherche. Ah ! Mais c’est le groupe de David ! Passez à côté !

On touche à nouveau au but 35 minutes… Je repasse devant. Donnez votre certificat ! Euh… comment dire… ma carte d’identité, d’accord, on a déjà eu de la chance mais mon certificat, il est à l’hôtel… Alors tentez de contacter David car il a reçu votre dossard. Si vous n’y arrivez pas, on vous en fera un autre. Ok. Je fais passer les autres qui arrivent à se débrouiller avec leurs certificats. Ils reçoivent tous leurs dossards et me remercient pour l’aide. En même temps, si tout c’était passé comme prévu j’aurais dû avoir mon dossard en main et ne pas être là… (le destin, sûrement ). Avec 9000 personnes sur le réseau de Paulliac, aucun moyen de joindre David. Je retourne chez la dame. 25 minutes… elle prend un autre dossard et écrit mon nom dessus et change le numéro dans son fichier. 9H05 : Je suis prêt !!!! Plus qu’à retrouver les autres…

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Alors, YMCA comme thème c’est très bien ! Mais on n’est pas les seuls à avoir eu l’idée et donc pour retrouver un groupe dont tu ne connais pas les membres et bien tu dis bonjour à tous les cowboys, indiens, marins, ouvriers, policiers en espérant qu’ils te répondent en anglais… 15 minutes… Finalement, on se retrouve à une quinzaine juste au moment du départ. On passe devant le camion-balai et on essaye de se faufiler. Il y a de la musique partout, tout le monde danse, c’est la foire totale !!! Une ambiance inouie !

Je rentre dans mon marathon tout en ne sachant pas du tout ce qu’il va bien pouvoir encore m’arriver vu mes dernières 12 heures… On me dit camion-balai en 6h30 donc arrivée à 16h ! Le groupe avait dit tentez le semi en 2h30 pour être tranquille après. Ça trottine tranquille. Premier kilomètre, premier arrêt ! On se retrouve ensemble, je sers les autres et un indien du groupe fait une vidéo avec moi ! Ok. C’est parti ! On reprend la course mais le peloton est vraiment compact et tout le monde tente de se faufiler. 2Km800 arrêt ravito normal dans un petit-village. Il y a bouchon et je ne vois plus que mon ami indien dans les parages… Il est content de me voir car il ne voit personne d’autres non plus… On va toujours rester ensemble le temps de retrouver les autres.

5Km : arrêt vin ! On retrouve Jessie, on prend notre vin… plus de Jessie mais une autre policière connue au loin. Le temps d’aller vers elle, elle a disparue. Le peloton est incroyablement dense et avec tous ces gens déguisés comment voulez-vous qu’on se reconnaissent ???? On décide de continuer à courir car on est parti depuis 1 heure et on a fait 5kms… Si on veut le semi en 2.30… il va falloir se bouger ! Je ne connais évidemment pas les capacités de mon compagnon… mais le peloton se fluidifie et on prend un bon rythme quand on ne se fait pas arrêter par des ravitaillements en tout genre ! On court sous un soleil assez généreux pour les prévisions de la veille. Un arc-en-ciel nous suit pendant les 5 premiers kilomètres et je croise Tintin et Capitaine Haddock entre autres déguisements plus farfelus les uns que les autres.

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Le ravito suivant la petite fille qui sert tend un bouchon d’une des bouteilles qu’on nous sert. Personne ne le prend. Je trouve ça une bonne idée et je le prends. Je finirai avec 5 bouchons souvenirs ! Par contre, toujours personne du groupe et on n’a vraiment pas le temps d’attendre sans savoir si ils sont devant ou derrière… On décide donc de viser les 2h30 en ne ratant aucun vin mais sans trop s’attarder non plus et on pourra en profiter plus après. Elliott qui a commencé le marathon dans mon sac à dos sous mon tshirt en est vite sorti ! Heureusement, il est attaché donc il fera tout le trajet sur mon épaule en regardant en arrière… En plus des ravitos, il y a les arrêts techniques… Je pense que les vins du Médoc sont bien meilleurs depuis 33 ans avec l’ajout annuel des marathoniens. Au fur et à mesure, on pense que plus rien ne pourra nous étonner et pourtant. Une dégustation directement au fût ! Une photo avec une énorme bouteille de vin… On croise un groupe qui pousse un piano taille réelle ! Je leur parle en français… pas de bol, ce sont des allemands ! J’ai un peu de mal avec les langues… Je parle un franglais de bon aloi à tout le monde. Je dis « Thank you » aux vignerons et bénévoles. Les vins se suivent et on cherche encore celui qui est moins bon. Pour les meilleurs le château Rotchild est assez impressionnant ! On croise encore un Yellow submarine, un drakkar vikking et un cheval gonflable sur un chariot. Quand on dépasse le Rubic’s géant, je leur demande. « Qui a eu cette bête idée et pourquoi ??? ». Le type me répond : « C’est Roger (nom d’emprunt), il est arrivé à la première réunion en disant qu’il avait construit un rubic’s cube… personne n’a voulu dire non… personne n’a compris... alors on le pousse maintenant». Comme quoi, ça n’arrive pas qu’à moi !

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Après quelques kilomètres (15 +/-), mon acolyte regarde mon dossard et dit « oh ! Thierry ! » et donc je fais de même « oh ! Kev » et on se sert la main en se présentant… ça nous fait bien rire de se présenter maintenant, je présumes que c’est là qu’on a décidé tacitement qu’on finissait ensemble. Malheureusement pour lui les dossards anglais on été inversé et les noms sont en grand par rapport au prénom et donc tous les supporters l’appellent « George »… Je n’ai pas ce problème vu que je n’ai pas mon dossard officiel et qu’il est juste inscrit « Thierry » dessus…

Vu notre motivation a ne pas rater de vins, on passe le km 20 en 2h40… et j’y trouve les organisateurs du BLM !!!! On se salue et on discute un peu. Ils disent qu’ils voulaient aussi passer le semi en 2h30 mais que là c’est assez bien raté… On repart donc mais en pensant faire un peu plus la fête, au cas ou c’est possible… Kev doit s’arrêter pour replacer ses fausses chaussures. Il s’assoit et finalement on repart mais quelque chose l’intrigue… son smartphone… on fait demi-tour et il le ramasse là où il s ‘était assis… ça va, on peut encore boire, on est lucide ! On passe finalement le semi en 2h50… bon… ce n’est pas catastrophique. Mais on court quand même vite entre les arrêts, je trouve… à partir de là on va chercher une toilette pour mon compagnon ! Et ce ne sera pas si facile !!! Finalement, j’arriverai à avoir du papier dans une infirmerie d’un ravito mais il préfère attendre d’être plus au calme et donc on recommence à courir et on se prend la grosse drache de la journée juste avant de s’engouffrer dans la tonnelle suivante. On n’a pas été trop trempé et on est contents d’être arrivés là car on a une grande salle pour attendre. On en rigole jusqu’au moment où ses yeux tombent sur le précieux papier reçu il y a peu… à part du papier-mâché, il ne pourra pas faire grand-chose avec… c’est dans la bonne humeur qu’il va falloir continuer les recherches… entre 2 verres de vins ! Il finira par aller dans les vignes. Ce qui nous permettra de faire notre kilomètre le plus rapide juste après avec cette sensation de liberté qu’il a retrouvé et je fini en sprint dans le chemin de boue qui mène au château suivant pour pouvoir s’arrêter et en reboire un ! Au 30ème km, on tombe par chance sur Chris qui semble pas au top de sa forme… Il a un gros coup de barre et il avance en disant qu’on le rattrapera bien après.

Au 31ème km, c’est une reprise de Renaud qu’on entend et je danse avec plusieurs Français. Kev ne connaît pas mais trouve ça assez fun comme musique et c’est en l’entendant siffler du Renaud qu’on est reparti…

Au ravito suivant, on retrouve une partie du groupe. Je vais cherche mon verre de vin et devant moi un type avec une casquette de flic colorée, je l’accoste comme quelqu’un du groupe… il se retourne et me parle en français ! « Salut, ah ! tu es là aussi, bonjour ! Super ! Tiens, voilà un verre ! »… Je n’ai jamais vu ce type et il n’est évidemment pas du groupe… surréaliste !

Juste après ce sont les bénévoles du marathon de Vannes qui reconnaissent ma « veste de chantier » estampillée marathon de Vannes. On discute de leur magnifique organisation !

Au suivant, j’arrive devant des spéculoos !!! C’est belge ça ! Pourquoi on a des speculoos ? la serveuse me fait : « Salut, Thierry » en me tendant un verre de rosé ! Vu le lien avec la Belgique, j’ai vraiment cru qu’elle me connaissait… avant de me rappeler de mon dossard… évidemment… « ça marche à chaque fois » dit-elle avec le sourire ! Et elle m’explique que le propriétaire est belge et qu’il y avait de la bière mais qu’il n’y en a plus… de la Hendrik !!!! Et bien, j’ai trouvé le proprio et je l’ai félicité !

Au 34ème, on est à nouveau juste avec le chrono pour les 6h30… On sort d’un château et on se dit aller on court pour récupérer un peu de temps ! On s’élance, on lève les yeux et à 200m il y a une tonnelle… de … Saint-Estèphe… ok, après, on recommence à courir alors !

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Ça fait un certain temps que le parcours n’est vraiment pas facile. Montées, descentes, boues avec la drache qu’on a eu c’est vraiment technique ! Un japonais cherche sa femme… Dans le jardin d’un château, il y a un mur-décor et on veut faire une photo. Kev demande à tout ceux qui passent mais personne ne s’arrête… l’énergie commence à manquer à beaucoup. On finira par faire un selfie… et à faire une photo d’un Japonais avec Kev avec l’appareil photo du Japonais !… Encore 12 kms et on a 2h… allez, on court. Encore 8 kms et on a 1h30… bon, allez, on court ! 6Kms et 1 heure… Pfff, on ne gagne rien mais on est dans le bon tempo ! Il ne faut pas craquer ! Allez, on court ! Et là, on se fait arrêter pour une interview avec caméra !

- Pourquoi vous êtes là ?

- BLM, Anglais, bla-bla et tout ça…

- Vous appréciez ?

- Fantastique, le décor est vraiment magique dans ses vignes et l’ambiance est juste incroyable !

- et pourquoi vous avez un déguisement aussi ...gay ?

-...euh… oui mais non… on n’est pas que 2 !!!!! On est tout un groupe… euh… ça n’a rien à voir ! (comment expliquer l’inexplicable…) Kev qui n’a pas compris la question commence à faire YMCA avec ses bras pour tenter de me sauver… en disant « merveilleux, splendide ! » et on laisse ses journalistes sur cette splendide réponse !

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Les derniers kilomètres se font le long de l’eau. On a encore bien la forme et donc on court assez bien (je trouve… en tout cas par rapport aux autres…) mais on a encore les huîtres, la viande et la glace à passer donc on n’a trop de la marge… Pour les huîtres, on se contentera du vin blanc. Par contre, la viande et la glace passent bien ! Et surtout le fromage qui arrive de nulle part ! Et on arrive à 1km de l’arrivée ! Je ne reconnais pas du tout le décor du départ… Je n’avait même pas vu qu’on était près de l’eau… Mais il y a un dernier ravito ! Un ravito maquillage ! Je demande à une petite madame qui pourrait être ma grand-mère un drapeau belge et elle ajoutera un beau nez rouge ! Kev a moins de chance car un drapeau anglais c’est un peu trop dur pour les maquilleuses d’aujourd’hui mais ses peintures de guerres sont remises à neuf pour l’arrivée !

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J’en ai profité pour faire un test sur mon état comme au BLM. Au BLM j’avais tenté de donner mon numéro de GSM après l’arrivée… ce qui ne fût pas un succès… Ici, le test fût de me faire prendre en photo avec le panneau Medoc 2017. Le problème est que je venais de me prendre en photo dans le miroir et donc quand le type a voulu me prendre en photo, j’ai regardé le miroir… il m’a dit : « non, regardez ici ! »… j’ai tourné mon corps vers lui et j’ai continué à sourire au miroir… il m’a bien fallu 2 minutes pour comprendre que je devais sourire à mon gsm qu’il avait en main… il était temps que ça finisse…

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500m. On ne reconnaît toujours rien et on en est à 6h20… un tournant et on voit l’allée aux ballons !! On est dans les temps !! on finira en 6h26 au chrono officiel. Heureux comme jamais en se remerciant pour ses 6h30 de folie complète. On passe la ligne et là, l’organisation vérifie si on n’a pas triché en scannant les dossards… et oui… les dossards… vous savez, le truc que j’ai bidouillé à 25 minutes du départ… vous le sentez le truc ??? Bien Kev passe et moi… non… « passez à côté s’il vous plait ! ». Allez, ça continue donc (le destin, sûrement). J’explique et comme j’ai encore le « bon cadeau » accroché à mon dossard, il me laisse passer ! Je vais l’avoir cette médaille !!!! J’apprendrai plus tard que mon « vrai » dossard (le « 9982 », ben oui je vous avais dit que le numéro du début ne vous servirai à rien...) a fait la course dans le sac de David et donc je suis le seul type a avoir 2 dossards à son nom ! Et vu les problèmes de suivi, mon nom n’apparaît pas dans le classement mais mon « faux » dossard bien !

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Il n’y a plus qu’à aller dans la tonnelle réservée au coureur pour recevoir… un verre de vin et retrouver les autres. On trouve plus facilement le vin… et quand je donne mon gobelet le bénévole le rempli comme si c’était de la bière ! Je crois que j’ai un 33 de rouge ! On sort pour trouver les autres… rien. La pluie revient mais Kev l’avait vu arriver donc on rentre les premiers dans la tonnelle et on trouve de la place assise. Je lui dis un truc en anglais et là il me répond avec un air triste : « I don’t understand what you say »… et on part dans un éclat de rire en espérant que il a quand même compris 2-3 phrases durant ses 6 dernières heures…

On s’assoit et devant nous un jeune m’accoste. Eh ! Salut ! Et il me montre son chapeau ! Une casquette de flic avec des couleurs dessus… C’est celui que j’ai confondu avec un de notre groupe la tantôt !!! On recommence à discuter comme si on se connaissait depuis des années. Il a trouvé un gâteau au chocolat et je fini par trouver de la viande.

Notre duo est reparti à la recherche de notre groupe et on a fini par les trouver ! Le bus part à 6h… donc on a le temps de boire une petite bière !… Ah ben oui !!! Justement, il me semblait bien que ça faisait un petit temps que mon gobelet Marathon du Médoc reçu il y a 5 minutes était vide… J’ai fini par une farandole avec 2-3 français autour de la fanfare qui s’amusait dans l’emplacement pour les coureurs avant un « Curé de Camaray » d’anthologie… Il était temps de retrouver le bus… enfin d’essayer… mon sac d’après course était resté dedans et j’ai évidemment regardé d’abord dans le mauvais car… j’ai fini par récupérer le tshirt finisher aussi et on est rentré à l’hôtel. Moins malade dans le bus que à l’aller… ce qui est un peu bizarre… J’ai dit à Chris que j’ai fini par retrouver dans le car et qui a fini lui en 6h50 : « C’est fou, on a mis 6h30 et on a toujours couru entre les ravitaillements !!! » Il m’a répondu avec ce flegme britannique : « That’s THE idea ! No ? »… euh...finalement, oui, c’est ça, courir assez vite entre les ravitos pour pouvoir profiter de ceux-ci et cette fois je l’ai magnifiquement géré ! On était vraiment à l’aise sur la fin pour pouvoir courir et profiter de chaque moment ! C’est ça qui fût magique et… épique !

Merci à tous les gens croisés… et au destin, sûrement !

29/05/2017

28/05/17 : Bruxelles : Quand tu prépares ta dissertation pendant plus de 5 ans…

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C'est la seule photo qui est en lien avec le vrai propos de cet article...

 

...Et que tu finis par répondre à côté de la question…

J’ai toujours beaucoup réfléchis à la nécessité, le but, la raison pour laquelle je courais. Qu’est ce que je vais chercher dans ses heures sur le macadam, dans les bois, dans la nuit et le vent. J’ai donc assez vite écouté les avis des autres sans toujours les partager mais en les respectant. Ce blog était d’ailleurs un reflet de ce que je pensais de mon côté.

Il y a plus de 5 ans donc, sur un forum bien connu à cette époque (un forum, pour les jeunes, c’est un peu l’ancêtre de Facebook mais en mieux!), une phrase a titillé mon envie de prouver que mon approche de la course à pied n’était pas complètement folle contrairement à ce qu’on pouvait penser à première vue… et a sûrement titillé aussi mon envie de courir avec les autres mais pas tout à fait comme eux… Je ne donnerai que le pseudo (oui, pour les jeunes, sur un forum, on ne donnait pas son nom, on utilisait des faux noms plus ridicules les uns que les autres…) de celui qui l’a mise sur le forum bien que tout le monde puisse le reconnaître sans que je ne le cite. Notre vision diamétralement opposée de la manière de courir étant connue à travers le monde autant que notre respect mutuel ce qui m'a fait avancer comme vous allez le voir !

Le déclencheur de ce qui s’est terminé hier aux 20kms de Bruxelles fût donc ce genre de phrase :

« J'ai mis 4 ans pour réaliser une performance qui m'ouvrait les portes du box 1 .. 
A ma grande surprise ce jour-là, je me suis retrouvé avec Becassine et le Marsupilami sous les arcades ... avec des numéros encore plus sympas que le mien... » (Shamrock, 2013)

« S'ils sont partis de l'arrière alors, rien à dire mais c'est dommage de gaspiller un dossard du premier box pour partir derrière et déguisé » (Flow, 2013)

Il va de soit que je fais partie des joggeurs déguisés et ces 2 phrases dans le même post (j’ai passé quasi une heure à rechercher dans les archives les vraies phrases… quand on fait une dissertation, on s’assure de ses sources…) m’amenaient une foule de questions :

* Est-ce que les gens déguisés sont arrivés avant Shamrock ?

* Si le type décide de se déguiser au dernier moment et qu’il va derrière avec son « beau » dossard pour garder son ami de la première phrase, va-t-il perdre son ami de la deuxième phrase ?

* Jusqu’où peut-on s’amuser sur une course ?

* Jusqu’où doit-on être sérieux sur une course ?

* Est-il possible de se retrouver déguisé dans le box 1 sans tricher ?? et ce fût le début de ma descente dans l’enfer des gens déguisés à outrance… (c’est où Outrance?)

Le seul moyen de prouver quoi que ce soit était de passer au test grandeur nature sur les 20 kms, bien sûr !

Donc j’ai commencé à vouloir courir les 20 kms déguisés pour voir si c’était faisable et le deuxième step sera de faire un temps pour se retrouver le plus devant possible à la régulière.

J’ai commencé un peu fort point de vue déguisement… une chaise roulante pas vraiment roulante, des fruits pas vraiment efficaces… Je devais me recadrer pour pouvoir atteindre le but final. J’avais pourtant déjà prouvé 2, 3 trucs…

La première année déguisée, j’avais le dossard 214 (à la régulière… mais pas déguisé ;-) ) . Et effectivement, je me suis quasiment fait engueuler d’être dans le dernier box ! En même temps j’avais juste utilisé mon nom pour pouvoir avoir un dossard. Je n’avais aucun moyen de demander un dossard moins bon… il est donc mal vu d’être bon et de faire le choix de ne pas être bon le jour des 20 kms… Je le note et je m’en félicite.

La fois où on l’a fait avec la chaise roulante m’enseigna que c’est bien de déconner mais on est quand même dans un peloton donc il faut avoir la notion de sécurité toujours en tête ! On avait un groupe de presque 10 personnes autour pour éviter de gêner les autres coureurs et pour casser des chevilles que l’on connaissaient au cas où on perdait un peu le contrôle...Les limites du mélange entre déguisés et non déguisés commençaient à se montrer.

Les fruits (le sommet de ma carrière…) m’enseigna que les 20 kms commençaient à prendre un tournant de moins en moins pour le fun. On a tourné en 3 h en commençant les derniers et à la place des groupes pour le fun qu’on aurait pu croiser quelques années avant nous avons vu des personnes qui se lançaient pour leurs premiers 20 kms et qui à partir du premier ravito se demandaient déjà où se trouvait la route… Jouer aux crétins au milieu de ces zombies enlevait un peu du fun de l’affaire… On a bien ri quand même mais c’est moins communicatif sauf avec le public.

J’ai donc chercher quelque chose de plus efficace et de moins tape à l’oeil. Et MaxiET fit son entrée dans le grand monde des joggeurs (cherchez « LaMascotte Et » dans le classement des 20kms de Bruxelles...). La première année fut utile pour apprendre à le manier dans la foule et à s’assurer de pouvoir aller plus vite sans le groupe qui m’accompagnait lors de cette première sortie. Le public devenait fou quand il voyait MaxiET. Il est connu de tous et c’est vraiment très impressionnant de courir avec lui. Les joggeurs ne le prennent pas mal non plus car ça fait moins impressionnant que les fruits. J’avais trouvé la solution idéale ! Plus qu’à faire un chrono… et se réinscrire l’année d’après pour savoir dans quel box on allait tomber !

Aussitôt, aussitôt fait… enfin, il faut quand même chaque fois attendre un an ! Je l’ai donc fait à fond et là, la limite entre le déguisement et la sécurité fût vraiment frôlée… Maintenir le cap du diable de MaxiET me demandait une concentration de tous les instants, j’en perdais tout le fun de l’affaire car je ne savais même pas lever la tête quand quelqu’un appelait ET. Je devais rester dans ma bulle pour éviter les 30,000 autres joggeurs qui n’avaient rien demandé. Là, clairement, j’ai vu le côté débile (dans le vrai sens du terme) de la chose. Mélanger fun et chrono n’est clairement pas une bonne idée où il faut en limiter un des 2. un déguisement relativement efficace pour courir (en femme par exemple, c’est un exemple!!!!) où on décide de courir sans pression de chrono. La seconde où j’ai perdu le contrôle du diable dans la descente de l’Hippodrome restera gravée dans mon cerveau… Quelqu’un est venu me ramené le MiniET que j’avais dans mon dos et qui s’était fait la malle… quand je l’ai vu, j’ai perdu ma concentration et MaxiET en a profité pour faire le guignol… il faut dire que se retrouver à contre sens avec un diable surmonté d’un ET avec un peloton de 15,000 personnes qui vous fusillent du regard car vous venez de les dépasser en criant comme un baudet car vous alliez plus vite… c’est assez inattendu. J’ai bien géré la situation mais j’ai quand même du reprendre mes esprits pendant 2 minutes sur le côté… La réponse à la question peut-on mélanger fun et chrono était trouvée... Par contre, je devais savoir si avoir un bon dossard était encore possible ! Je fini en 1h45. Et pendant une année, j’ai dû attendre pour avoir le verdict !

J’ai fait mes premiers 20 kms en 2003 et je pense qu’avec ce temps-là j’aurais été dans le premier box, voir max dans le second… Et bien, on s’est retrouvé dans le 3ème avec un dossard 14576 pour MaxiET ! J’étais un peu déçu mais là encore j’ai pu prouver que les 20kms se faisaient de plus en plus sérieusement par les coureurs ! Les chronos s’améliorent et le nombre de coureurs chevronnés augmentent et logiquement vu la preuve précédente de la non mixité des gens sérieux et des folkloriques, je me retrouve de plus en plus seul à les faire en déconnant… est-ce un bien ? Est-ce un mal ? C’est juste une constatation. Quand vint le jour de pouvoir démarrer de mon box bien mérité avec MaxiET, les règles de sécurité renforcées, ce manque d’esprit fun du peloton et la fin de mon étude me poussèrent à trouver une autre solution et c’est là que tout s’éclaira !

Ben m’a proposé de le faire en Handisport… Je me suis dis que si c’était pour pousser autant que ce soit quelqu’un à qui ça fait plaisir et quasi la veille, j’ai accepté cette proposition. Je ne me doutais pas de ce que j’allais vivre. Je suis arrivé, un peu penaud, avec ma timidité légendaire quand je n’ai pas de déguisement et j’ai suivi Ben qui était en terrain connu. Il me présenta Héléna qu’on allait pousser. Je ne savais toujours pas quelle maladie ces gens pouvaient bien avoir… C’est en voyant apparaître un de mes anciens professeurs dans le groupe que j’ai compris. Il avait dû arrêter l’enseignement quelques années plus tard car il avait la sclérose en plaques. Et bien, voilà, maintenant, je sais. Je dois bien admettre, je pense, qu’on ne s’appréciait que très faiblement à l’époque (et si il sait que j’en ai écrit une dissert’ il risque la crise de folie...) mais sa présence et son sourire m’ont touché. La vie est quand même bizarrement faite.. et je pense que la petite phrase qu’il m’a dite dans le stand m’a appris plus que tous ses cours… Elle n’avait pas de signification en tant que tel mais j’ai entendu : « Je suis là, je suis debout, je cours, je suis toujours vivant et je souris ! Rien n’a pu m’arrêter ! » . Sur le moment, j’ai juste répondu d’un autre sourire et on est parti vers le départ en criant dans tous les sens car on était en retard… On a juste eu le temps de prendre un selfie dans notre box Handisport et ce monsieur m’avait suivi jusque là et à immortalisé son sourire dessus. Ma journée était gagnée et je n’avais encore rien fait…

Notre chef de groupe a commencé à expliquer comment on devait courir. Les autres étaient des habitués donc il me posa la question : « As-tu déjà poussé une chaise ? »… Que répondre ? Oui mais avec une personne non handicapée dedans ? Oui mais avec un MaxiET dedans ? Une brouette vide ça compte ? Je me suis contenté d’un « ça devrait aller » assez laconique. Il me dit : « il n’y a qu’une règle : On court pour le fun ! ». J’ai bien failli l’embrasser ! J’avais trouvé mon milieu ! J’avais enfin trouvé les gens qui avaient compris l’essence même de la course à pied pour moi ! « Et bien sûr pour pouvoir faire ça, il faut veiller à la sécurité !!! » Et j’avais mis presque 10 ans à le comprendre par moi-même et ce type me l’explique le plus banalement du monde en 2 minutes ! « Je suis votre homme ! »

Et c’est parti pour les handi-sport ! Et Héléna sort son petit appareil photo de son sac ! Ça n’a l’air de rien mais ce geste me restera aussi gravé dans la mémoire. C’est la plus belle et plus simple preuve qu’elle ne veut pas perdre une minute de ce qu’on va lui faire vivre, de ce qu’elle se permet de vivre plutôt ! Rien ne l’empêchera de vivre cette expérience ! Elle ira jusqu’à sortir sa petite boîte de pilules en pleine course sans demander d’arrêt. Elle ne voulait pas que ces foutues pilules n’arrêtent cette expérience. J’ai bien tenté de m’arrêter pour lui faciliter la chose mais c’était déjà trop tard elle avait bien réussi à s’en sortir toute seule ! A chaque autre Handisport dépassé tout le monde crie le prénom de celui qui est dans la chaise. C’est la folie complète !

Au milieu du bois de la Cambre, les kenyans arrivent et je propose à Benoit de tester leur vitesse en les accompagnant pendant… tout le temps qu’on peut… et ils arrivent et on se lance à 2, ah non à 3 ! Le chef de notre groupe nous suit et on fait presque 200m avant de se faire décramponner !!!! On se marre et je suis impressionné par notre 3ème larron ! Ben me dit que, en fait, notre compagnon est atteint aussi… Ok, déconner quand la vie est belle c’est une chose mais arriver à faire ça quand la vie ne t’a pas fait de cadeau c’en est une autre ! Encore des secondes inoubliables ! Voir ce type avec un sourire jusqu'aux oreilles entre 3 kenyans sur les 20 kms de Bruxelles, il n’y a pas grand-chose de mieux !

On finira par faire quasi un negatif-split sur les 20kms de Bruxelles ! La montée de l’avenue Tervueren fût folle. J’ai pris la solution de facilité : derrière à prévenir les coureurs qui arrivent qu’il y a une chaise devant et les 5 autres tiraient et poussaient tant et plus ! Et c’est dans une douce euphorie qu’on a passé la ligne. On a donné tous ensemble sa médaille à Héléna et on a été en boire une ! Et bien oui ! Il y a des choses qui ne changent pas ! Et c’est là que celui qui a sprinté avec les kenyans m’a dit que vendredi il allait faire la Huy Night run déguisé avec un ami aveugle…

Voilà, j’ai voulu savoir si on pouvait se retrouver déguisé dans le box 1 des 20kms de Bruxelles et je me suis retrouvé à faire une expérience de vie inattendue.

Une dernière chose, ne me félicitez pas, si vous voulez féliciter quelqu’un revenez l’an prochain et venez courir avec nous où juste dire bravo à Héléna et à tout ceux qui se battent contre cette maladie ou une autre et qui utilisent la dérision pour s’en sortir ! Je pense que visiblement c’est un très bon complément aux pilules que les médecins donnent…

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12/10/2016

09/10/16 : Budapest : ou comment encore être surpris au 20ème…

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Cette fois, tout était prévu de longue date, ce marathon allait être compliqué ! J’y avais mis tout mon cœur dans la préparation ! Déjà à l’achat des billets d’avion, mon PCbanking a rendu l’âme après la transaction ce qui a empêché l’arrivée du mail avec mes tickets… mais pas le retrait de l’argent de mon compte… Après un mois de coups de téléphone et autres mails, j’ai réussi à avoir mes billets ! Heureusement, nous avions décidé du marathon bien tôt dans la saison. Nous ! Et oui, je ne pars pas seul. Budapest, la ville où on parle une langue inconnue de tous et où on utilise une monnaie avec plus de billets de 10.000 que de pièces de 200 mérite un guide hors-pair ! Johan est donc de la partie et Jonathan, Annick et François suivent le mouvement. L’hôtel est réservé et j’ai donc finalement mes billets. Je peux donc commencer tranquillement à bousiller ma préparation tranquille.

  • Première étape : se décider après 23 ans à faire le GR20 au complet pour finir le 15ème jour après plus de 200 kms de marche dans les montagnes avec indiqué dans l’agenda le jour d’après : « début de la prépa marathon »…

J’ai donc passé les 4 premières semaines de prépa à tenter de faire du 5min/km de moyenne sur un 10 kms en priant pour que mes genoux arrivent en même temps que moi à l’arrivée… Une ou 2 sorties par semaine étaient déjà un exploit ! Petit à petit, j’ai retrouvé tous les morceaux de mes jambes !

  • Deuxième étape : vu que j’ai à nouveau des jambes, rattrapons le temps perdu ! 4 sorties par semaine avec intervalles longs, courts et autres pendant 4 semaines !...

Evidemment, à ce rythme-là, il ne faut pas trop rêver pour la troisième étape qui devrait être : et on continue en allongeant les distances dans la joie et la bonne humeur !

  • Troisième étape : vu que, en fait, je n’avais pas retrouvé toute ma fraicheur, je décide de faire les 4 dernières semaines de préparation avec 2 ou 3 sorties par semaines dont un semi et donc sans sortie longue…

Dans les semis, nous comptons Belle-île qui prouva que je ne tenais pas du tout la distance à la vitesse rêvée… Nivelles en ballon qui prouva que par contre cette vitesse-là était bien connue… Disney qui prouva que je m’inquiétais que très peu de l’échéance de dans 2 semaines… et Beloeil qui prouva que je ne savais pas vraiment récupérer en courant si je déconnais un peu. Tout était prêt pour la 4ème étape, la plus importante pour assurer un marathon difficile !

  • 4ème étape : Faire attention à son alimentation et à son sommeil les derniers jours avant l’échéance…

Là, j’ai tout donné car c’était ma dernière chance de bien avoir mal pendant le marathon !!!! :D Déjà 4 jours dans Disney et à Paris à marcher lentement et à attendre debout dans les files en mangeant du gras, c’était un bon début mais je pouvais trouver mieux ! Team Building au bureau le Jeudi avant le marathon avec 12 kms de kayak un 6 Octobre suivi d’un repas sur un bateau avec soirée et visite d’un bar dinantais avant de rentrer à l’hôtel réservé sur place à une heure peu raisonnable… Heureusement mon congé commençait le vendredi mais samedi je devais partir d’Enghien avec le train de 7.26… Le repos fût bref… et pour fignoler le tout, accepter la canette de bière locale lors de la pasta party dans le village marathon le samedi midi… J’étais donc prêt à m’en vouloir un max au 30ème kilomètre quand mes jambes me diront « fourte ! ».

  • La 5ème étape surprise fût que l’ibis de Budapest ne connait pas le choco !! Et donc pas de tartine au choco traditionnelle le matin de la course !...

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C’est donc le cœur léger et les jambes lourdes que je me retrouve sur la ligne de départ dans le box 1 prévu de longue date puisque j’aurais dû être pétant de forme… Là, je vise 3h20 au mieux et si je frôle les 3h30 c’est bien aussi et finalement si je fini avec mes équipiers etéistes en 3h45-4h00 et bien ça nous fera une belle photo d’arrivée… Malheureusement, nous n’étions plus que 4 puisque Jonathan a laissé tomber le gant sagement vue son état de santé et son objectif de dans 2 semaines.

Le box 1 n’est pas super rempli. MiddleET et NanoET me suivent. J’attends sagement le départ. Le speaker dit un truc en hongrois et nous voilà parti ! Comme je n’ai aucune pression, je profite du décor et je vais être servi ! On passera par tous les bâtiments de la ville. Le parcours est vraiment majestueux ! Palais, ponts se succèdent à un rythme effréné ! Je n’ai pas le temps de m’ennuyer. Pendant ce temps-là, ma vitesse est bien élevée mais je contrôle mon cardio pour tenter de finir ma journée correctement. Passage par le pont, contournement du palais et retour via le tunnel. J’ai le temps de m’habituer aux ravitos qui sont très bien organisés. Je trouve un rythme qui me va bien. Pas mal de spectateurs au bord de la route et me voilà déjà aux alentours du 12ème km.

Un pont. Celui qui est devant moi garde son rythme pour le monter. Je décide de commencer à réfléchir… Je monte plus lentement et je profite de la descente pour le récupérer avant le tournant. Il a un singlet blanc avec un truc écrit en allemand ou néerlandais ou même danois… je n’en sais rien et il est barbu… Je passe devant et on commence à longer le Danube. Je suis dans ma vitesse et ça tourne bien. Le type a l’air d’apprécier cette vitesse aussi.

Au ravito du 17ème, je me dis que je vais un peu récupérer. Je m’arrête donc et je bois bien. Eau et boisson énergétique. Je lève la tête et là, surprise, mon accompagnateur se retourne et m’appelle de la main ! Euh… oui mais moi, je voulais rater mon marathon ! Il est tout fou lui !?! Bon, allez, c’est bon pour une fois, je repars et je le rattrape. Je lui donne le dextro que j’ai pris en trop pour faire le type gentil… De toute façon dans 2 kms, j’explose…

On ne sait pas ce que parle l’autre donc on ne parle pas trop… On profite juste de la présence de l’autre pour se relancer chacun à son tour. Passage du semi toujours roue dans roue. Il se retourne et me dis : « bad legs ! »… et je lui réponds que de toute façon ma vitesse a bien diminuée aussi depuis un moment… On ne se plaint pas mais on souffre tous les 2. La vitesse est encore au-dessus de toutes mes espérances. Je décide donc de le suivre. On verra bien… Sans le vouloir, on effectue de vrais relais. Quand l’un est moins bien, l’autre à l’air de pouvoir le lâcher et 1 kms après c’est l’inverse.

On finit par arriver ensemble au pont qui retraverse le Danube. Ce pont est bien raide ! Je le prends à fond et de l’autre côté je sens que c’était trop. Je souffle un « it’s done… I’m out. ». Il tente de me relancer pendant 200m et puis il prend les devants et le trou se creuse. Je dois récupérer. On est au 32ème et je n’imaginais pas pouvoir tenir ce rythme jusque-là. Je suis déjà content. Je suis prêt à descendre à mon rythme endurance pour finir mais le singlet blanc ne s’éloigne pas tant que ça… et un nouveau lièvre se place devant moi… une métisse qui fait le relais ! Et bien c’est autre chose que mon barbu ! Mais elle va trop vite et je la vois rejoindre mon compagnon. J’irai bien lui dire que si j’avais pu choisir, j’aurais choisi l’autre lièvre… et c’est ce que je vais faire ! Je relance ! Finalement, au 35ème, je le rejoins mais je dis juste «  I’m back ! I don’t know for how much time but i’m back ! ». Et nous voilà repartis vers le Parc du départ.

Au 38ème, mon estomac est content de trouver du coca et on arrive près de l’hôtel. Une dernière montée bien raide nous y attend. Je suis en forme ! Je distance un peu mon compagnon et je sais qu’il ne reste que 4 kms dans le parc. Je les imagine donc bien plats ! Je retrouve un rythme régulier et mon duettiste récupère pour finir par me rejoindre. On voit le panneau 40 et on dit ensemble « 2 kilometers ! ». Le parc est loin d’être plat et on est content d’être 2 ! 41 : « only one. We’ll make it ! ». On s’approche de la ligne et je vais finir ce marathon avec ce type bizarre. Je n’ai pas le temps sur ma montre, juste ma moyenne et mon cardio… on doit tourner dans les 3h10 ! C’est incroyable ! Dernier tournant, dernière ligne droite et on se regarde. On sourit et enfin la speakerine nous présente : « Thierry Libert from Belgium and Harmut Seel from Germany ». J’ai donc couru 30kms avec un allemand barbu pour finir en 3h06min contre toutes attentes !!!!!!!!!!

Je souris comme jamais… ou plutôt comme à chaque fois… et oui, encore une fois cette course m’a bien eue ! La surprise fût de taille et inoubliable ! Juste le temps de me changer et c’est à l’hôtel que j’apprendrais que tous les etéistes ont créé l’exploit ! Annick en 3.45 et Johan et François en juste plus que 4h00. Tous ravis par le parcours même si on n’a pas eu droit à l’île-Parc cette année. Il était temps de fêter ça et de profiter de la connaissance de la ville et de ses restos de notre guide privé !

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