13/10/2008

Marathon Eindhoven (2) : Mon marathon…

 

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Je vais commencer par la description du week-end à travers les yeux du marathonien. Ca va être aussi long qu'un marathon... La vision est un peu tronquée et beaucoup de chose sont passées sous silence mais le côté sportif est là. Cette vision ne tient que très peu compte des personnes qui l'entourent car il faut savoir qu'un marathonien lors du week-end fatidique est invivable pour son entourage et n'a aucune notion de convivialité. Il est dans sa course et ça l'occupe déjà assez que pour penser aux autres...ou alors pour essayer de percer la tactique de ses concurrents (ce ne sont plus ses amis...). J'arrive donc à Eindhoven grâce à un chauffeur concurrent qui s'empiffrait de bonbons en espérant que ça l'aide à faire son marathon le lendemain (j'en riais dans ma barbe...). Rangement de la chambre dans la hâte pour pouvoir aller au plus vite chercher le précieux dossard qui m'attend dans la salle de l'autre côté de la ville surement super loin et difficile à trouver donc il faut se dépêcher et pas attendre ceux qui viennent seulement d'arriver car ça ferme à 17.00 et il est 16.00 et on n'aura surement pas le temps de les prendre alors quoi ? on y va ou on attend qu'il neige ??? (on sent bien qu'il y a un peu de stress dans la tête de notre marathonien ???). J'arrive à 16.15 devant les inscriptions (j'avais dit que c'était super loin !). Un dernier sursaut d'humanité me fait prendre le dossard de mon accompagnatrice avant le mien (quel bonté d'âme ce marathonien !). Enfin, je touche le précieux sésame avec le numéro « 328 ». Je suis inscrit, je peux courir, je vais me défoncer !!! Je fais semblant de passer un peu de temps avec le Club mais mon esprit est déjà sur le macadam d'Eindhoven. Il revient lors du repas pour choisir avec la plus grande attention ce que je mettrai dans mon assiette. Lasagne, pâtes aux lardons, pâtes au saumon, pâtes au thon et une salade de fruits comme dessert. J'en profite pour vérifier la tactique des autres concurrents. Jean-Luc mange une tranche de courgette !!! Des fibres !! Pas bien ! Marc mange beaucoup. Fabian s'est mis loin pour que je ne puisse pas copier ! Philippe tente le tout pour le tout en suivant Gilles dans le remplissage d'assiette. Pour prouver que l'espionnage est de rigueur pour tout le monde, Vincent Bonnier de l'Endurance Team de Chièvres vient nous dire bonjour « en toute amitié » dit-il. De l'espionnage, oui ! Comme tout le monde ! J'essaye dans dire le moins possible sur ma tactique, je cache mon jeu, judicieusement... 22.00, tout le monde fait semblant d'aller dormir et va ruminer sa tactique dans sa chambre. Rendez-vous à  7.30 pour le déjeuner !

7.30 : l'espionnage recommence, qu'est ce que l'autre mange ? café ou thé ? fruits ? 4 ou 5 tartines ? Le stress monte encore d'un cran. Je vois passer les barrières Nadar à l'extérieur qui me guideront dans 3 heures. Retour dans la chambre pour une heure de concentration et d'aller et retour entre la gourde et la toilette (c'est con quand même de boire autant si c'est pour tout vider juste après...)

10.00 : départ pour la ligne de départ avec les 2 dames du 6 kilomètres mais elles doivent partir seules pour se placer car je ne vais quand même pas courir avec pour risquer de me blesser. Je retrouve ma moitié dans la cage de départ du 6 kilomètres juste à temps pour lui faire un bisou d'adieu car je ne la reverrai plus avant mon arrivée. Départ du 6 et directement je repense à mon affaire du jour. Ou sont les toilettes ! Dernier pipi et je rentre dans mon box. Je me fais rejeter du box « tous coureurs » car vu le temps que j'ai mis à Bruxelles j'ai droit au box devant !! C'est la frime ! Je retrouve tous mes concurrents : Jean-Luc, Marc, Philippe, Vincent et même Dirk, un collègue mais un concurrent aujourd'hui ! et bien sûr Fabian. Le stress est à son comble plus que 5 minutes... 3... 2...Je me retrouve à la hauteur des kenyans. Je pourrai tirer leur short pour les arrêter mais trop tard c'est parti ! Mon polar est complètement HS ! Ni puls, ni vitesse ! Premier kilomètre à l'aveugle avec devant au loin Vincent qui prend déjà son rythme et à côté Fabian et Dirk. Dirk s'en va aussi dans un groupe devant. Je me retrouve avec Fabian et là, quelque chose d'étrange se passe. Il redevient l'ami et on commence à courir ensemble. Sur marathon, c'est un peu dangereux car il faut gérer en suivant son instinct alors comment faire à 2 ? On se répète que si on veut partir on peut qu'il ne faut pas faire attention à l'autre mais rien n'y fait, on devient inséparable pour quelques kilomètres. Et finalement, ce fût bien gai ! Dès le 5ème kilomètre, je vois que mes pulsations sont un peu haute mais ma tactique du jour (je peux la dévoilée maintenant...)  C'est frôler les limites pour voir si ça passe. Donc je suis à 175-178 au lieu de 168-171. Il n'y a plus qu'à prier pour que ça tiennes jusqu'au bout. Notre duo se glisse derrière un concurrent et pendant une dizaine de kilomètre on a un bon petit train de 4.02 au kilomètre. L'arrivée d'une femme vient augmenter la cadence de quelques secondes et je me prends à me mettre en tête du groupe. Fabian se glisse plus intelligemment derrière. Je la suivrai jusqu'au semi-marathon ou elle accélère le rythme sans prévenir et je vais un peu vite le temps que je m'en rende compte. Je relâche et revoilà Fabian ; On passe le semi en 1.24 !!! Fantastique. On récupère un peu à deux en attendant la dame suivante. Elle arrive vite avec son lièvre. Je vais dans son sillage et me lance dans une course d'attente derrière ce sympathique couple. Au 25ème, je sens que Fabian lâche dans un tournant mais je reste fixé sur mon lièvre de luxe (c'est quand même plus gai de suivre de belles jambes féminines que les bêtes jambes de Fab...). On fera équipe à 3 pendant une bonne dizaine de kilomètres et grâce au lièvre de madame je ne fais pas un mètre de trop car il connaît le circuit par cœur et prend la meilleure trajectoire. Au 30ème, 2.00.30 !, je commence à me dire que les muscles souffrent... le mur n'est pas là mais ça devient dur. Je tiens encore le rythme jusqu'au 36ème kilomètre en prenant presque des relais sur le 35ème. Mais au 36ème kilomètre je dois laisser partir ma locomotive... Le moral en prend un petit coup mais je tiens le coup par contre les cuisses continuent à chauffer. 37...38... plus que 5...4 kms... l'exploit à portée de pied mais les cuisses sont à fond, comment tenir ?? C'est la quadrature du cercle : tenir coute que coute au risque de se retrouver dans le fossé ? S'arrêter mais saurais-je redémarrer ? 39ème : encore 20 minutes pour faire les 3 derniers kilomètres ! ça fait du 7 min au kilomètre ! je peux encore viser les 2.55... mais 500 mètres plus tard les jambes refusent de continuer à courir. Je marche à un bon rythme avec les cuisses en feu. Les spectateurs m'encouragent mais je ne peux que leur répondre : « te veel »... Au 40ème, il me reste 15 minutes pour faire les 2 derniers kilomètres et là mon cerveau prend le dessus sur les jambes et il arrive à faire courir les deux bouts de caoutchouc que sont devenues mes jambes. Je fais des foulées deux fois plus petites que les autres car les muscles sont crispés, mais j'avance à un petit rythme. Est-ce suffisant ? je n'en sais rien. Je bip le 41ème km par réflexe mais je ne sais pas mon temps. Le cerveau est complètement accaparé à faire bouger les jambes qui n'en veulent plus. La foule est énorme mais je n'ose les regarder car je me fais dépassé continuellement par des flèches qui viennent de derrière et toujours pas de Fabian pour me donner un second souffle. Panneau : plus que 500m. J'ai l'impression de courir sur un tapis. Le décor ne bouge plus ou si lentement. 200m, Charlotte m'applaudit avec Catherine et me dit que je suis le premier etéiste. Je le sais et je me demande comment est Fabian vu mon état...  Je trouve les forces nécessaire pour faire signe que je suis mort à Charlotte et je continue à courir sur mon tapis avec le décor qui s'allonge. Le chrono apparaît : 2.58.59, 2.59.00... il me reste 100 mètres mais je ne suis pas sûr de pouvoir les faire dans la minute qu'il me reste. J'ai l'impression que la ligne s'éloigne à chaque pas microscopique que je fais. Je suis à bout. Je devrai sauter de joie de passer sous les 3.00.00 mais je me laisse simplement couler sur la ligne. 2.59.11 et dire qu'il y a 3 kilomètres 2.55.00 était faisable. Le marathon reste et restera à jamais une course qui se gagne que sur la ligne d'arrivée. Je le retiendrai dorénavant... Je regarde hagard autour de moi. Une couverture apparaît devant moi, je la prends. J'arrive à dire « drink » pour avoir de l'eau. Je fais quelques pas et boit. Je prends une bouteille de AA mais je sais que si je la bois tout suite elle risque de repartir aussi vite dans l'autre sens donc je continue et retrouve Dirk. Je lui dis que j'ai fais sous les 3 heures mais que je suis sur les genoux. Je continue et essaye de m'étirer mais le premier mouvement un peu ample de mes jambes est accompagné de douleurs donc je renonce et reste accrocher à la grille. Une voix m'appelle et Vincent Bonnier me propose de m'asseoir à côté de lui. Il devait être dans un bel état aussi car il est arrivé 20 minutes avant moi et est toujours là ! C'est une bonne idée en tout cas qu'il me donne et je m'assois pour reprendre mes esprits en discutant avec lui. Je n'avais jamais été aussi loin dans l'effort et c'était le but de ce marathon, je suis en-dessous des 3 heures et c'était l'autre but de ce marathon mais je râle quand même d'avoir craqué qu'à 3 kilomètres de l'arrivée ! 3 kilomètres... 12 minutes sur une course normale, ici 21 minutes de galère ! Mais je ne peux pas être déçu. J'arrive a me lever et je trouve l'endroit pour rendre les chips. Les salopiaux ont mis 2 marches avant la caisse ! Je refuse de les monter en grommelant dans un néerlandais plus qu'approximatif que je viens de faire un marathon et que je peux pas « it's te... ». C'est là qu'apparaît le lièvre de mon lièvre de luxe. Et il va mettre mon chip dans la boite. Je le remercie pour ça et pour l'aide durant la course. Je ne sais pas si il a compris un seul mot qui est sorti de ma bouche mais il m'a demandé quel temps j'avais fait et il semblait m'avoir reconnu. En tout cas, c'est un type super ! je le pense sincèrement même si je ne le reverrai jamais sans doute... Je pars à la recherche de Charlotte qui me retrouve grâce à mon splendide BOB orange qui m'a attiré pas mal d'applaudissement pendant toute la course. Et je me demande ou est Fabian. On le retrouve à l'hôtel ou on va boire une bonne bouteille à ces 25 kilomètres commun, à mes 3 heures et à notre 4ème marathon bouclé ! On fera encore mieux la prochaine fois ! Pour vous donner une idée, la dame (F53) et son lièvre ont fait 2.53 et une rawète j'ai donc perdu 6 minutes en 6 kilomètres...

 

Je vous laisse quelques photos sur Picasa. J'aime assez celles avec le miroir et les belles lèvres bleues de l'arrivée... mais non, je vais très bien, merci.

 

http://picasaweb.google.be/lejamaiquainblanc/Eindhoven#

 

 

Aller voir les vidéos sur le site officiel (celle de mon arrivée est assez pathétique... et celle au 40ème, on voit bien que je marche et en voyant la caméra je me remets à courir...). Par contre celle du 35ème, on voit bien la connaissance de mon lièvre qui coupe dans le fond pour gagner quelques mètres (ce ne fut pas suffisant pour moi...).

 

http://www.marathoneindhoven.nl

 

Je vais aller voir celles des autres et je ferai un blog pour les autres plus tard. Car maintenant que c'est fini, je retrouve les amis !

 

A bientôt !

 

Commentaires

Félicitations l'ami, moins de 3h !!!
BRAVO même si la fin a été difficile, tu l'as fait, tu t'es donné :p
Saint Mic a bien pensé à toi et aux autres dimanche matin.
A bientot.
Mic

Écrit par : Mic | 14/10/2008

Bonjour, quel courage d’avoir terminé cette course. Moi qui suis un sportif en excès et professionnel des produits pour les hommes (et les sportifs), je sais à quel point finir une course à de l’importance. Toutes mes félicitations.

Écrit par : Stimulhom | 18/06/2014

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