17/10/2011

16/10/11 : Amsterdam : Sortie du Club : le surréalisme à portée de main...

Alors, là, vous êtes mal car je n'y ai pas été par le dos de la cuillère... Il faut dire que les à-côtés du marathon furent mouvementés et le marathon fût inoubliable !

Je vais donc vous aider :

Je mets d'abord quelques photos, vous retrouverez les autres ici

 

 

Les "à-côtés" sont au début et le marathon ce trouve après les astérix rouges du milieu du texte.

Bonne lecture...

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Comme chaque année, le comité de l'ETE proposait une petite sortie entre amis pour éventuellement se tester sur la distance mythique du marathon ou simplement vivre de bons moments entre nous. Cette année, voulant aplatir un peu le parcours par rapport à Pertuis de l'an passé, nous avions choisi Amsterdam. Parcours plat, organisation reconnue, nombreux partants, pas trop loin, ça semblait bien nous convenir.

 

De mon côté, c'était déjà plus problématique. Je suis inscrit sur la Saintélyon et je ne peux donc pas forcer sur un marathon maintenant. En plus, j'ai déjà eu Annecy. J'aurai pu choisir le semi mais c'était la solution de facilité ! J'ai donc décidé de faire ballon des 3 heures 30 non officiel pour qui veut. Cette décision prise, le plus dur restait à faire ! Ne pas se préparer spécifiquement pour un marathon ! Et oui, ma préparation pour décembre commençait début septembre et avant ce fût du repos mérité après mon mois de Juillet fort chargé. Dans ce planning, une petite entorse de la cheville me fit encore perdre 2 semaines à l'approche du non-objectif ! Je me retrouvais donc tout à fait hors propos au début du week-end et ce n'est pas très gai.

 

J'ai découvert qu'un marathon ce n'est pas les 42 kms 195 du jour fatidique mais bien les 12 semaines de préparation et les petites habitudes prises dans les semaines approchantes et les tics de la veille et ceux du matin et ceux du box de départ et l'état d'esprit qu'on se forge pendant la préparation qui fini par vous faire penser et parler uniquement de marathon sur la dernière semaine. Tout ça me manquait horriblement et j'avais l'impression d'avoir volé mon dossard. Je n'était pas digne de la distance du jour. Je ne l'avais pas approchée avec le respect dû à son rang. Cette sensation me dérangeait. Bien sûr, tout le monde n'a pas besoin de ça mais après l'avoir vécu, je peux dire qu'un marathon personnel ne peut être réussi complètement que s'il a été construit sur une basse solide de préparation et de mise en conditions spécifiques. C'est comme ça qu'on peut aller chercher le temps digne de nos capacités. Autrement, on peut le finir mais il faudra trouver une autre satisfaction que celle d'avoir tout donné et d'avoir été chercher au bout de soi les ultimes forces pour accrocher un chrono à cette distance mythique. Lors de notre départ, j'espérais que l'esprit du Club efface ces appréhensions et me fasse trouver l'autre satisfaction qui me rendra heureux d'avoir fait ce marathon...

 

Nous voilà donc parti pour Amsterdam ! Les voitures se suivent. Une dizaine de marathoniens enghiennois et quelques semi-marathoniens convergent vers l'endroit de tous les espoirs ! Déjà sur l'autoroute une voiture me klaxonne et me dit bonjour... Je ne sais pas qui c'est mais je répond poliment. Voilà déjà Antwerpen et voilà déjà les prémices de notre week-end... Les ouvriers préparent des travaux sur l'autoroute ce qui nous vaudra une bonne heure et demi de bouchons ! Certains ne l'avaient pas prévu et les vessies furent mises à rude épreuves ;-))) On a donc mangé en Belgique et non à Amsterdam comme prévu ! Ça ne mis pas à mal la bonne ambiance du groupe et on repris la route vers notre but de l'année !

 

Arrivée au stade qui nous servira de départ le lendemain, on se parque au Club de tennis pour 2,25€... Les Hollandais tiennent à leur réputation... Calmement, on reprend nos dossard et nos Tshirt. L'organisation suit malgré le flot continu des milliers de joggeurs de tous horizons. 50 files prévues pour les dossards ! On en profites pour déjà prendre les pubs des marathons de l'an prochain ! Je croise Gilles du forum en couple et m'explique qu'il m'a dit bonjour sur l'autoroute. C'était donc lui ! Il est là pour son deuxième marathon en 15 jours... Il ne nous reste plus qu'à retrouver l'hôtel. Chacun pour soi, on essaye de rapprocher sa voiture du coeur d'Amsterdam et on apprend à connaitre la ville petit à petit. Quelques notions à connaitre pour ceux qui veulent y aller :

 

  • Les voitures ne sont que tolérées dans un rayon de 5 kms du centre ville.

  • Si elles veulent s'arrêter ou ne fussent que stationner pour regarder un plan pour fuir cet endroit il faut payer...

  • Le deuxième niveau d'acceptation est pris par les transport en commun, suivent les piétons et au niveau le plus haut, ceux qui ont tous les droits même entre eux : les vélos.

  • Les cyclistes peuvent enfreindre un nombre de règles illimités sur leur trajet et ne sont pas obligés de prévenir de leurs manœuvres, changements de direction et autres. Ils peuvent rouler à gauche ou à droite à leur guise. Tous les autres occupants de la route doivent deviner leurs volontés et s'écarter le plus rapidement possible pour qu'ils ne doivent pas freiner.

  • Les trottoirs et autres routes sont inexistants ou alors remplacés dans les faits par une piste cyclable...

  • Si tu as le malheur de te retrouver dans le centre ville cyclonnier (cad ou les piétons, voitures et vélos sont autorisés mais ou seuls les vélos peuvent faire la loi) à pied, tu apprends à longer les murs et à avoir un cou de chouette pour pouvoir voir à 360°. Si tu y es en voiture, prie, couche toi et pleure... Surement un jour il y aura un minuscule passage entre les 20 vélos qui t'encerclent pour tourner dans l'autre rue qui, espère-le, ira vers la sortie de ton enfer. De toutes façons, tu ne le découvriras qu'au bout de la rue car il n'y a aucune indication...

  • Sur les routes pour autos (les 2 qui existent) tu n'auras aucune indication de direction ou d'endroit ou aller. Si tu cherches le stade, et bien, cherche... si tu cherches un parking pour ne plus retourner dans le cyclonnier que tu viens de quitter la sueur coulant dans ton dos, et bien, cherche aussi...

 

Avec ces quelques règles, les différents chauffeurs ont choisis différentes solutions :

 

  • Le parking dans la petite route oubliée par les autorités qui semblent non payante.

  • Le parking pour 5 minutes, le temps de donner tous les bagages aux accompagnants et la fuite vers l'extérieur de la ville au plus vite (un bon ¾ heure de slalom entre vélos, trams et recherche d'indication)

  • L'arrivée en train... peut-être le plus efficace si on enlève la demi heure de recherche d'information pour comprendre les trajets des trams et bus...

 

Personnellement, ce fût la seconde solution. Charlotte a pu donc se perdre dans le désormais célèbre cyclonnier avec la valise à roulettes qui à encore les traces de pneus sur le dos à la recherche de l'hôtel... De mon côté, j'essayais de retrouver le stade et son P+R promis par l'hôtel. Bon, d'accord, on venait du stade et personne ne l'avait vu ce P+R mais bon, il fallait bien tenter quelque chose... Donc ¾ heure pour sortir du centre sans tuer de cycliste et sans griffer les portières pour retrouver le stade ou bien sûr il n'y a aucune indication de P+R... Comme je ne peux m'arrêter nulle part, je passe le ring et je m'arrête enfin dans un parking très extérieur. Je prend des nouvelles des autres. Tout va bien, les voitures sont parquées et Charlotte va boire un verre avec d'autres. On me donne une adresse de parking de l'autre bout de la ville... Je me concentre et je retourne vers le stade pour traverser la ville. Et en passant le long du stade, je vois enfin la seule plaque P+R existante de 20cm sur 10 qui m'indique d'aller à gauche ! Je n'y crois pas ! Dieu existe ! Je fais le petit tour demandé et je me retrouve dans une file de 5 voitures qui attendent à l'entrée du parking de longue durée (P+R : Parking de longue + duRée... en fait je sais pas pourquoi ça s'appelle P+R...) avec comme indication lumineuse « VOL ». Soit, c'est déjà prévu, il ne vaut mieux pas laisser trop de chose dans sa voiture, soit c'est plein et j'attends donc que dans les 5 minutes 5 voitures décident de quitter la ville alors que le marathon est le lendemain. Je n'y crois pas trop mais au cas ou, je peux encore sortir de la file car les 4 premiers sont entre 2 bordures de 20 cms qui les empêchent de partir... Contre toutes attentes, ça se libère ! Et je peux me parquer dans un parking énorme à moitié vide !!! Mais pourquoi personne n'utilise ce parking ????? Pourquoi personne n'indique ce parking aux marathoniens ??????? Je ne comprend pas mais je profites de l'aubaine et j'ai droit à un ticket de tram pour un aller et un retour ! Coool, c'est le jack-pot après 2 heures de recherche !! Il est tant de retrouver les autres au centre pour le resto ! Au centre... avec quels trams ? Ok, je cherche et à la première cabine de bus, je trouve. Premier bus, refus, il est rempli ! J'ai connu des bus plus rempli à Bruxelles mais soit... ensuite un tram, c'est le bon ! J'y vais ! 5 minutes et voix off qui nous dit que le tram ne suit pas le trajet habituelle mais que si on veut aller à la gare il faut descendre. Je ne veux pas aller à la gare... je continue donc en me demandant ou le trajet va varier... Je fini par descendre et continuer à pied. Un échauffement pour le lendemain est toujours le bienvenu ! Je fini par arriver au resto avec les derniers du groupe. Tout juste, quel timing !

 

Au resto, je retrouve Charlotte et les 2 qui ont choisi le train : Christian et Jonathan. On se prépare à notre festin en parlant tactique. Christian compte sur moi pour l'amener aux 3 heures 30 fatidiques. Il est bien préparé et pour son 3ème essai est prêt à tout donner ! Je sens qu'il viens dans l'état d'esprit expliqué au début : préparation au top avec mise en condition depuis de nombreux jours. Moral au top ! Envie d'en découdre et humilité face à la distance ! De l'autre côté, Jonathan, premier marathon, première préparation spécifique mais autant de volonté d'en découdre et autant de préparation mentale. Je reconnais le vrai marathonien dans son discours : incompris par ses amis quand il refuse de boire de l'alcool car il doit faire un marathon, prêt à tous les sacrifices pour booster son mental, recherches d'infos chez les plus expérimentés... Il est complètement dedans !!! Ça fait plaisir à voir et en même temps ça me renvoi mon manque totale de préparation... Il semble prêt à l'exploit si il garde cet esprit lors de la course !

 

Durant l'attente du plat de spag' habituel, une info m'arrive. On n'a pas de déjeuner à l'hôtel avant 8 heures... Et voilà les stress de dernières minutes qui arrivent, ceux que j'apprécie tellement et qui vous construisent un marathon si ils ne sont pas trop nombreux... On compte les portions de Gatosport utilisable et Patrick, Charlotte et moi, on se lance à la recherche d'un déjeuner à 22h... dans une ville sans indications et remplie de fêtard plus bizarres les uns que les autres... On tombe sur une mini-échoppe au milieu de nulle-part qui vend bananes, biscuits et même sandwichs au fromage et jambon !! Mon déjeuner-type de marathonien ! On retrouve l'hôtel en évitant les vélos vers 23.30... Heureusement que je ne dois pas le faire à fond le lendemain ! Je découvre ma chambre d'hôtel enfin ! Ou plutôt mon cagibi d'hôtel... Je prépare mes affaires et place le déjeuner commun à côté de la porte dans un sac plastique. A minuit, on est prêt à retrouver Morphée. A 1h30, un bruit de plastique me réveille. J'allume et je vais voir. Il semblerait que l'enveloppe du dossard dans le sac plastique ait bougée. Je prend le sac, le mets sur la table, le tasse et je me recouche. 10 minutes plus tard, le sac refait des siennes... Je rallume, je regarde le sac et arrive à côté une petite tête de souris... et bien Morphée semble être une souris... Je n'ai pas le temps de bouger qu'elle s'en court. Je décide de planquer le sac et de me rendormir. Morphée ne reviendra plus, ni la souris, ni celle qui nous fait dormir profondément... La décision de rentrer le dimanche soir au lieu du lundi est prise. 6.00 : lever. 6.30 : déjeuner. 7.30 départ vers l'arrêt de bus. Les cartes sont recouvertes d'un papier qui indique qu'il y a des changements mais on ne sait pas lesquels. Un premier bus nous refuse sans raison valable et mon stress de marathonien sort. De nombreux noms d'oiseaux sont jetés à travers la nuit Amsterdamoise. On attend à nouveau et on se multiplie. Les joggeurs s'entassent autour des arrêts et les trams et bus se font rares. 8H10 : il faut trouver une solution ! On prend le premier tram qui vient et on gagne 1 km sur les 4 qui nous séparent du stade. On fera les 3 autres comme échauffement. Je vais me changer dans ma voiture sous le stade et je me retrouve à l'entrée du stade tout prêt. Gilles refait son apparition ! Il est partout ! Il a l'air d'avoir un vécu des hôtels d'Amsterdam aussi sympa que moi ! Je rentre dans le stade et me prépare en attendant Christian. Bob et un petit plus pour aujourd'hui : drapeau ETE ! Christian le joue finement et se retrouve dans mon box de départ avec Jonathan, David, Patrick et ... Gilles, encore ! On attend calmement le départ. Derrière, je vois un Sonégien que j'avais vu sur mon marathon de Bruxelles. Un petit bonjour en plus ! Sympa.

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9.30 : le départ ! Je rentre dans ma course ou plutôt je rentre dans la course de Christian ! Dès les premiers mètres, on se fixe le tempo : 3h30 – 5min/km. Il n'a pas de cardio ni de chrono, juste une montre. Je lui sers donc de Garmin-humain. Le peloton est dense et il nous aide à ne pas partir trop vite. Je ne suis pas habitué à cette foule. J'essaye de le coacher pour qu'il ne se fasse pas enfermer par des groupes. Les avenues sont trop étroites pour le peloton, je trouve, et l'entrée dans le parc est encore plus étroite. Ça ne nous empêche pas d'être pile dans les temps. On a juste perdu 50 secondes dans la sortie du stade. C'est peut-être chouette de partir dans un stade mais on perd vite du temps dans les bouchons. Le tapis pourrait être à l'extérieur que ce serait mieux mais soit. Christian est dans sa course et comme demandé par l'homme au drapeau, il se tait. Par contre, moi, je ne fais que parler ! Super, on est bon, ne change pas de rythme, quand tu dépasses, pas en sprint mais en souplesse dans ton rythme, montée ralenti un peu, descente laisse toi aller et accélère... Les 10 premiers kilomètres sont très cassants avec leur multitude de petits ponts casse-pattes. Premier ravito, je le laisse prendre les devants et je visualise l'organisation pour échafauder la technique pour les suivants. Les gobelets sont bien remplis et les tables sont longues. On décidera que Christian se sert en AA et que je lui prennes l'eau et les bananes. Pour mon ravito, je me débrouille... Au 8ème, je sens que mon petit déj' trouvé la nuit était un peu frugal. J'ai faim. Heureusement, les bananes arrivent au 10ème ! Je continue à parler à Christian sans cesse. Dépasse ici, ralentis, tu peux accélérer, ne t'emballe pas, on est qu'au début, ne te laisse pas entrainer, ne te laisse pas enfermer, pas de douleurs ?... Il trouve son rythme sans problème et il a l'air vraiment à l'aise. On croise la tête du peloton et après le demi-tour, on trouve ceux qui sont plus lent que nous. Petit bonjour à Albert et ensuite Dolo et Annick. Christian est dans son train. La moyenne ne bouge pas d'un pouce et les 50 secondes de perdue au départ sont toujours là. Je décide de le laisser aller un peu plus vite (4.54 min/km) entre le 10 et le 15 pour être sur l'objectif et reprendre le tempo. Il a l'air vraiment bien. Peut-être l'erreur du coach débutant ??? Après le 15ème, on trouve le quai du canal et le vent est de face. Ça ne dérange pas Christian qui garde son rythme. Je n'ai pas le cœur à le ralentir au 15ème pour retrouver les 5 min/km et on continue un peu plus vite. La moyenne reste à 5min/km quand on ralenti pour les ravitos. Je me dit qu'il à l'air bien parti. Un superman court avec nous. Il se fait applaudir et ça m'énerve car j'ai une cape aussi et personne ne dit rien... Jalousie mal placée ;-) Petit pont et demi-tour. Le vent dans le dos. Christian dans la forme de sa vie ! On continue mais vu la largeur u quai on doit se battre pour dépasser ceux qui fatiguent. Ce n'est pas très drôle. Un marathon à cette allure est beaucoup plus technique rien que pour ça. Encore une raison pour dire que ceux qui font 3h30 ont plus de mérite que ceux qui font 3h00... Je continue à encourager Christian qui voit passer le 24ème km ou il avait craqué au Pertuis. Là, il est bien ! On continue. Je le ralenti car on n'est pas au 30ème ! 26ème, on sort du canal et on retrouve de larges avenues. Je vois Seb au loin mais je ne le reverrai plus... Christian veut relancer, je le ralenti car ça monte. Il commence à sentir ses jambes, ça me parait normal. Peu avant le 30ème, un Tshirt au loin, un logo, les 5 clochers !!!! Tournai !!! Trop cool !!! On le rejoint et je l'encourage, David (c'est marqué sur son Tshirt) à l'air cassé. Il me dit qu'il est à la dérive sans motivation. Je lui répond de nous suivre et qu'on vise 3h30. Il regrette le manque de ballon et je lui répond : « Je suis le ballon ! » (à dire avec la voix de Stallone : « I'm the law ») et il nous suit ! Je reprend mon monologue avec Christian. On a passé le trentième si tu le sens tu peux lâcher un peu les chevaux, on continue un peu vite mais il est bien. On rentre dans le vif du sujet. On sent que ça se durcit. De mon côté, mes puls ont déjà explosées depuis longtemps, ma cheville se fait un peu sentir quand je dois accélérer pour rejoindre Christian aux ravitos, je suis limite aussi mais je ne le montre pas. Au 25ème, j'ai décidé que je l'aidait jusqu'au 30ème et puis je verrai... Mais mon second souffle est revenu et la forme de Christian me booste. Je rêve d'une arrivée en duo avec un chrono de 3h29m59s. L'émotion est déjà là. Je suis impressionné par la volonté de Christian et son écoute. C'est un bon élève ! Et avec mon nouvel élève de Tournai c'est encore mieux ! On continue !! 32ème. Plus que 10kms, une fois la course de l'ETE !!! 36ème, un ravito suivi d'une montée plus forte que les autres. J'arrive au-dessus et je sens que je suis limite. J'ai peur pour Christian. Je me retourne et je vois qu'il souffre aussi. On aurait dû la prendre plus lentement et en plus pas de descente derrière pour récupérer et à ce niveau là du marathon, un excès comme celui là se paie cash... Je prie qu'il passe cette nouvelle épreuve. Il a l'air de tenir. Ravito suivant, Patrick est là, il est dans ces chronos ! J'en suis tout content. Je le vois partir et un instant, j'espère une arrivée à 4 mais je me retourne et Christian souffre. Il ne relance pas... Il court mais le physique a fini son travail. Il n'y a plus que le moral ! 37ème, c'est trop tôt pour que le moral fasse tout le boulot, je le sais, il ne peut tenir comme ça que 2 kms max, peut-être 3... Je décide d'abandonner mon timing de 3 heures 30 pour l'aider jusqu'au bout. Je lui doit bien ça, il vient de me faire vivre les36 plus beau kilomètres sur marathon. Un partage sans égale. Je me dois de finir avec lui et de partager ses émotions jusqu'au bout. J'ai eu son espoir jusqu'au 30ème, ses début de souffrance au 30ème, je veux avoir son abnégation au 40ème et sa joie au 42ème ! Je ralenti et me place devant lui. David à l'air de ne pas refuser ce ralentissement... Notre trio se fait dépasser de toute part. Les ballons minuscules nous dépassent suivis d'un troupeau de 50 personnes. Christian ne les voient même pas passer !!! Je ne sais pas comment le relancer. Je l'encourage, je motive son mental, je lui montre les passages libres... Je me demande comment relancer la machine quand soudain je vois passer un Tshirt orange à côté de moi au sprint. Je le regarde, c'est Christian !!!!! Il est reparti comme une flèche !!! Je regarde mon Garmin : 4.47 !!! Je lui crie : On se calme, on n'a jamais été aussi vite !!! On a encore 4 kilomètres !!! J'ai du mal à le suivre ! S'il fait le reste comme ça il finir seul ! David n'en revient pas de ce sursaut d'orgueil. On le suit avec les yeux écarquillés. Il est devenu fou ! Ravito et malheureusement Christian est freiné par quelqu'un. Il ne repartira plus... sa folie a disparue d'un coup et le redémarrage est dur. Il reprend son tempo d'avant son sprint. Il retourne dans sa bulle et il mord sur sa chique. On revient dans le Parc, ça descend un peu. J'essaie de l'encourager, je n'arrête pas de parler, de crier « Allez Christian, jusqu'au bout, on va y ariver ». David a encore des réserves, je l'encourage et je lui dit d'y aller qu'il se donne à fond. On le retrouvera après l'arrivée, il a fini en 3h38. 40ème : « Allez, tu n'as jamais vu ce kilomètre en courant, c'est la première fois, allez, on y croit ». Il a du mal, il ne me regarde plus, il court par habitude, ses foulées se réduisent de plus en plus. Encore quelques mètres et il lâche. Il marche. Je le force à marcher, à ne pas s'arrêter sinon il ne repartira jamais. Je lui explique comment marcher pour détendre ses muscles, comment respirer pour repartir à zéro, comment se relâcher. Je sais dans quel état il est et je sais que c'est lui qui doit tout faire mais je reste avec lui et je souffre avec lui. Il repart, à petites foulées et toujours dans sa bulle. L'émotion est énorme, je suis fier de lui, de sa volonté. Ce parc à l'air énorme. Ils l'ont rallongé après notre premier passage, c'est pas possible... Encore un petit passage en marchant et il repart pour son dernière effort. On sort du Parc, 41ème kilomètre. Il est à bout mais je sens qu'il ne s'arrêtera plus, je n'arrête pas de lui parler, il va devenir sourd, c'est sûr. Je raconte n'importe quoi pour le tenir éveillé. Même EuroDisney passe dans mon monologue ! Je deviens fou aussi. L'émotion est énorme, la foule est là aussi. Je suis fier pour lui. Je force la foule à applaudir en faisant tourner mes bras pour qu'il reçoivent les encouragements des milliers de personnes qui sont là. On s'approche de la libération, le stade est là. On y rentre par une minuscule montée qaui doit être un Everest pour lui. Un cri à gauche, c'est Charlotte, je lui fait signe, Christian ne voit plus rien. On rentre dans le stade, je suis au bord des larmes car Christian va exploser son chrono avec une volonté du feu de Dieu. Un demi tour de stade et on passe la ligne en 3h43 avec une joie non simulée. On est heureux ensemble ! Moment inoubliable d'un partage inouï. Merci à lui de m'avoir fait vivre ça. Je ne l'oublierai jamais ! Il vient de battre son record de... 38 minutes !!!!! Il peut être fier de lui ! Et encore merci à lui de m'avoir fait trouver la satisfaction qui me permet d'être heureux de ce marathon et même de trouver ce marathon comme le plus beau que je n'ai jamais fait !

 

Il ne nous reste plus qu'à enlever nos chips, ce qui n'est pas une mince affaire après 42 kilomètres, de trouver Charlotte et de s'offrir un bière !!!

 

Après avoir récupéré nos esprits, on est parti se changer et petit à petit, on a découvert les exploits des autres. Jonathan vient d'exploser les chronos (3h13!!) pour son premier marathon, je vous l'avais dit que c'était un vrai marathonien, il vient de le prouver ! David a eu plus de mal mais bat tous ses records aussi en 3h28. Patrick frôle les 3h30. Seb fini aussi malgré les 100kms de Millau... Cath, Albert et Jean-Luc n'ont pas explosé les chronos mais finissent cette distance qui est à chaque fois un nouveau défi. Reste Annick et Dolo qui finiront dans des chronos magnifiques leur premier essai ! Elles peuvent être fières ! Pendant ce temps, le semi était parti et Bernard, Mic, Mat, Vanessa et Michèle allaient nous prouver leurs talents ! Finalement, c'est après ¾ heure de bouchons pour revenir à l'hôtel reprendre notre valise qu'on est reparti vers Enghien avec Christian en laissant les autres du Club à Amsterdam. Je passerai sous silence les déboires du Lundi que je n'ai pas vécu mais qui clôturaient ce week-end un peu fou de l'ETE. L'an prochain on ira ailleurs...

Commentaires

Je déteste les vélos !!!

Écrit par : Mic | 18/10/2011

Une fois de plus quelle beau CR et quelle performance de votre team, en 2013 je pense courir mon premier marathon et j’ai trouver mon coach. Encore BRAVO à tous.

Écrit par : Rohnny | 19/10/2011

C'est bon ! J'irai voir Ourson. Il est acquis ton quali !

Écrit par : mamy | 19/10/2011

Mais quel Weekend!!!

heureusement que malgré tous les M... qui nous sont tombées dessus l'ambiance ETE était au rendez-vous!!!


je propose que le porchain marathon se fasse dans un pays où les vélos sont INTERDITS!!!!

Écrit par : Supercath | 19/10/2011

Quand je lis l'aventure de Christian racontée par Thierry ca me redonne confiance en moi et l'envie de me surpasser également sur le marathon de Lausanne. J'en ai eu des frissons !!!

Allez plus que 10 jours de patience et l'aventure sera lancée !!!

Encore bravo à tout le monde et j'espère aussi être à la hauteur de vous tous !!!

Bonne journée

Écrit par : Axel | 21/10/2011

Super CR !

Je ferai attention aux vélos ! ;)

Écrit par : Loïc | 29/05/2012

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