09/12/2013

08/12/13 : SaintéLyon : ... et toujours pas d'explication...

Me voilà de retour de la ville des Lumières et comme je ne sais plus me lever, j'en profites pour vous faire le compte-rendu du week-end... Aieuh !

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Le 11 avril 2013, je me suis inscrit à la 60ème Saintélyon. Je voulais revoir le ruban de loupiotes au milieu des Monts du Lyonnais. Fin Juin, cette envie était bien loin et ma motivation pour me rendre à Saint-Etienne au plus bas. C'était sans compter sur les amis joggeurs ! Beno8 se proposa spontanément pour m'accompagner et rendre le voyage tout de suite plus fun ! Je ne savais toujours pas pourquoi j'allais courir mais je savais que ça allait être drôle !

Après quelques ajustements de l'organisation suite à un nombre de réservations anormalement élevé de chambres d'hôtel. Notre week-end fût donc un peu original...

Voyage en TGV des plus efficace et location d'une voiture sur place. On se retrouve bien vite à l'endroit de la remise des dossards qui est l'endroit d'arrivée aussi cette année (ça parait normal mais, en fait, non, puisque c'est une course en ligne...). Bon, juste pour dire que ça nous permet de faire une photo avec nos dossards sur la ligne d'arrivée qui est déjà installée (un rien nous amuse...).

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La tonnelle ou l'on reçoit nos cadeaux et notre gobelet pour la course me permet d'acheter la mascotte de l'année et une BD sur le running que je connais via internet. J'en profites pour demander une dédicace et je vais être comblé par l'artiste du jour !!!!

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Il ne nous reste plus qu'à utiliser le métro pour profiter un peu du week-end des lumières Lyonnais. On n'en abusera pas entre l'italien et notre envie de dormir un peu quand même et les labyrinthes créés dans les métros pour gérer la foule... On arrivera quand même à s'imprégner un peu de l'ambiance spéciale du moment et ça nous donnera l'envie de revenir sans devoir courir la nuit d'après !

On revient donc chercher la voiture et on se sépare ! Oui, Beno8 dort à Lyon et moi à Saint-Etienne... les mystères des organisations des joggeurs fous... Je dois donc reprendre le métro pour prendre le train vers Saint-Etienne pendant que Beno8 découvre les quartiers extérieurs de Lyon.

J'arrive à Saint-Etienne et je retrouve l'Ibis que j'avais utilisé il y a 2 ans pour ma première participation. Commence la longue attente jusqu'à l'heure fatidique du départ. Il me faut dormir le plus possible d'ici là tout en mangeant correctement ! Je me couche donc. Petit déj à l'hôtel suivi d'un tour de reconnaissance dans Saint-Etienne pour trouver le resto italien du soir. Me voilà déjà bien fatigué ! Retour à l'hôtel, repas au resto d'à côté et sieste jusqu'à l'appel de Beno8 qui prend les navettes de l'organisation pour me rejoindre à Saint-Etienne. On se retrouve vers 18h dans le Hall des sports. On n'est pas encore nombreux. Déjà certains tentent de dormir sur place et s'installent sur des matelas de fortune. De notre côté, on met nos affaires à l'hôtel et on va manger pour pouvoir revenir dormir une heure avant de se retrouver à nouveau dans le Hall. Là, il y a tout de suite plus de monde ! C'est la foule des grands jours. Je mets mon sac dans les camions pour le retrouver à Lyon et pouvoir aller dormir dans l'hôtel de Beno8 dans +/- 12 heures...

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La pression monte petit à petit mais notre duo est détendu. On fini dans le box des « entre 7h et 9h » en attendant le départ. Le temps est clément et les étoiles nous attendent sur les Monts. Il se dit que la neige aussi... A 2 minutes du départ, je me rend compte de ce qu'il va se passer et le stress arrive en une fois ! Pourquoi je suis là ??? Vannes ne t'a pas suffit ? Comment tu vas pouvoir gérer cette course mieux ? Qu'est ce qui va te faire courir ?? Et le départ est donné ! Je suis Ben un peu à l'aveugle... C'est parti et je n'ai rien vu venir ! On fait 2 kilomètres ensemble et je décide de m'arrêter à côté d'une clôture pour faire sortir ce stress soudain par le seul moyen que je connaisse... J'ai perdu Ben mais ça va mieux ! Je reprend la route et décide de prendre plaisir car c'est aussi la seule solution pour voir Lyon ! Je remonte petit à petit le peloton et avant la première montée je retrouve Ben ! On aura juste le temps de s'encourager mutuellement une dernière fois et la première montée, toujours sur macadam, nous séparera. Et oui, je cours en montée et lui toujours pas ;-) On le sait donc on se salue et j'espère le revoir au croisement d'un chemin. Je rentre dans ma nuit. La Saintélyon commence à peine. Je me retourne pour voir les lumières de Saint-Etienne. On fini cette première montée qui est déjà bien sympathique pour trouver le premier chemin. Je ne suis pas trop pressé car contrairement à la fois passée, ce ne sera pas de la boue mais... que va-t-on trouver là-haut ???? Je vais vite le savoir ! Un chemin gelé qui n'offre aucun amorti et après quelques centaines de mètres... la neige et la glace ! Fini de rire et on n'est pas prêt de rire tout de suite, tout de suite !

Commence la valse des... joggeurs !!!! Malgré les « glace !!! » criés par les participants, les gamelles se multiplient dans le peloton. Il faut dire que c'est casse-gueule ! Un manteau de neige bien mou ou on a plaisir à s'enfoncer qui parfois laisse passer une plaque de glace sur laquelle il ne faut surtout pas s'appuyer... ça donne des gros « SSPLLAAAATTT !!!! » correspondant au corps à l'horizontal du coureur surpris qui rencontre à nouveau la plaque qui vient de lui faire lâcher prise mais coucher cette fois... La concentration monte de 5 crans minimum et on entend presque les prières des concurrents pour rester debout... Glace !!! Où ça ??? Splaaaat... là... re-splaaaat... tiens, là aussi... et évidemment, le chemin n'est pas plat ! Je me débrouille tant bien que mal pour avancer. En profitant des champs voisins ou la neige est encore complète ou complètement partie. Tous les 10 mètres le terrain varie et les décisions doivent changées ! J'essaie de ne pas puiser trop dans les réserves car ça ne fait que commencer donc la vitesse se réduit assez drastiquement... On passe une petite ferme, 10 mètres de macadam, tournant à droite, on retrouve un sentier et mon pied se pose sur une plaque de glace... Je n'ai encore rien compris que j’entends un splaat bien plus proche que les autres... Je me retrouve sur le ventre en dessous du fil qui délimite le champs ! J'ai du faire une figure qui vaut un bon 9/10 aux JO ! Maintien 1 seconde en l'air à l'horizontal + amortissement via le camelbag sur la glace + retourné acrobatique sur le ventre pour exploser le gobelet qui doit me servir pour les ravitos... plus de peur que de mal bien que mon coude droit me rappelle sa présence mais avec les 3 couches qui l'entourent je ne peux pas savoir l'étendue des dégâts... On continue et la concentration monte encore de 12 crans... Je suis au 10ème kilomètre max... ça promet !

La Saintélyon dévoile son vrai visage. Son cordon de frontales qui traverse la montagne ! Et avec le temps qu'on a, on le voit beaucoup plus loin qu'il y a 2 ans ! C'est magnifique ! Les sentiers gelés et la neige s'alternent et on fini par arriver au premier ravito. Je regarde le chrono et je suis entre les prévisions pour finir en 8 heures et celles pour finir en 9. Mais je sais que la partie suivante va être aussi technique que les derniers kilomètres. Je veux me faire servir du coca mais mon gobelet a bien du mal à garder du liquide à cause de sa chute... Je prend aussi une banane et je repars !

Même le macadam est gelé... Quand on pense pouvoir relancé, le terrain change et on est à nouveau arrêté... Heureusement le décor reste féérique et je continue à prendre plaisir ! On fini par voir Sainte-Catherine au loin. Les chevilles trinquent dans ses sentiers gelés. Je préférais la boue d'il y a 2 ans qui nous offrais un amorti hors-norme que ces cailloux glacés mais c'est aussi pour ça que je suis revenu ! Pour voir ce que ça donnait dans d'autres conditions ! L'arrivée à sainte-Catherine en est un bon exemple... 300 mètres de macadam avec au bout un tournant à gauche vers un sentier qui donne sur le ravito. Un bénévole nous dit : «  si vous passez derrière moi, vous allez tomber ! ». Vu la file à l'entrée du chemin, un coureur tente le passage par derrière... et découvre la plaque de verglas sur le macadam... il n'a pas trop fait le malin en se relevant... 2ème ravito : 3h30. Je ne connais plus les estimations donc je trouve ça bien ! J'arrive presque à trouver un système pour utiliser mon gobelet et je continue à la banane et au chocolat. C'est reparti et normalement, ils avaient prévu que ça allait être plus facile à partir de là... Oui, bon, à voir... 1 kilomètre et les Splaat sont de retour ! J'espère avoir donné ma contribution au nombre de Splaat total avec mon premier et que je ne vais pas devoir en faire d'autres... Au dessus de Sainte-Catherine, je me retourne et la vue de mes suiveurs dans les bois est magnifique. Il doit y avoir 2 kilomètres de frontales qui rayent la montagne et se reflètent dans la neige ! Je suis content d'être venu ! Avec un tapis d'étoiles au-dessus ! Magique ! Mais il faut avancer... et les surprises ne font que commencer ! En effet, la neige laisse parfois place à la boue ! Et ça semble arrêter certains... Je passe donc à travers tout le monde éclaboussant les autres d'eau gelée pour ralentir au retour de la neige et me faire reprendre... Je ne suis pas sûr de me faire des amis...

Ils nous avaient dit : Le bois d'Arfeuille se fait en montée cette année ! Je ne me souvenais pas de sa descente donc ça ne m'inquiétais pas trop ! Et bien quand j'ai vu les frontales à travers les bois à 30 mètres plus haut que moi... j'ai moins ri ! Par contre, je suis toujours aussi bon en montée même en marchant ! A force de se rattraper des glissades, à se tordre les chevilles sur les cailloux et le sol gelé et à courir dès qu'on peut, on arrive à Saint-Genoux ! Le ravito à la Dixi ! Mon ravito ! Avec son saucisson ! Je me fais servir du thé dans une bouteille de coca pour remplacer mon gobelet (qui malgré que défectueux finira la Saintélyon non sans avoir tenté de me fausser compagnie 5 fois au milieu des bois... J'ai chaque fois été le ramasser!). Je trouve le saucisson, je rassure des concurrents en disant que maintenant ça devrait se calmer et je vais dire bonjour à ma dixi bleue... et bien non ! Elle sont oranges cette année ! Alors je décide de n'utiliser que la version masculine des toilettes et je repars tout confiant ! J'avais oublié qu'ils avaient ajouté 2 montées sur cette partie... La neige n'est plus là et la glace non plus mais on ne peut toujours pas courir ! Ca fait un certain temps que je vois le dossard 440 traverser ma frontale et je dois dire que le groupe autour de moi semble rester stable. C'est bizarre vu le changement de terrain. On ne court pas ensemble mais finalement on se croise fréquemment en fonction des terrains qui conviennent à l'un ou à l'autre. J'arrive jusqu'à Soucieu en Jarre mais je sens que je suis à bout. Il va me falloir quelque chose pour me booster... Je me ravitaille, je vais m'asseoir, j'enlève les cailloux entassés dans mes baskets et je regarde mon gsm. Je découvre mes suiveurs nocturnes et je vois ma position dans les 1000 et des ! Ca me rebooste, je croyais être nulle part avec mes 7 heures de course et mes 22 kilomètres restants mais finalement, je ne m'en sors pas si mal ! Et ça fait longtemps que j'ai décidé que je finissais même si c'est en 15 heures ! Là, les 9-10 heures sont clairement accessibles ! Le macadam va reprendre ses droits et moi mes marques !

Les descentes qui étaient boueuses la dernière fois et que j'avais appréciées au plus haut point sont beaucoup moins drôles gelées et j'ai vraiment du mal mais chaque partie en macadam me relance et je dépasse ! Je retrouve le dossard 440. Je commence à le suivre à 3-4 mètres quand soudain je le vois partir à la renverse !!! un carré de 20 sur 20 de verglas sur une route de macadam toute droite ! Le piège à crétins ! Je suis juste derrière et je ne sais pas si je vais savoir l'éviter. Le 440 s'en sort pas mal mais mon intestin se sert en une seconde ! J'ai juste le temps de passer au dessus de la plaque et je suis content que mon intestin n'était pas rempli car je pense que mon short aurait dégusté ! Je n'avais jamais eu cette sensation de peur au ventre comme ça ! Impressionant ! On va quand même rester concentré jusqu'au bout...

Le soleil se lève sur les montagnes et le spectacle change mais est tout aussi joli. Je n'avais pas eu droit à ça la fois passée. Les frontales s'éteignent et j'arrive à Beaunant. Plus que 7 kilomètres. La célèbre montée de l'aqueduc et un nouveau parcours... Ils ont donc ajouté 1 kilomètre de montée (merci...) et 200 marches en descente ! Et des descentes vertigineuses et un escalier montant... ! Les surprises se succèdent et le petit groupe qui m'entoure commence à les trouver un peu too much. Le 440 est toujours là. On passe le fleuve et on rentre dans le parc. Plus que 2 kilomètres. Ceux que j'ai fait avec Cath et la Flèche en Octobre dans l'autre sens. Je vais le refaire, je vais être finisher. Le 440 est juste devant. Je le rejoins et l'encourage. À 150m de l'entrée, je me souviens d'il y a 2 ans et il me repasse et on entre quasi ensemble. Mon cri de guerrier est au rendez-vous et je retrouve le toit du Hall des sports et la joie du finisher. Je me retourne et le 440 me tend la main. Une poignée de main de félicitation et de joie d'être là. Je fais quelques pas et je me rend compte de l'exploit... Je me rend compte de tous ceux à qui j'ai pensé durant ses 9h30. Tous ceux qui ont fait que je suis dans ce hall et les larmes coulent... Je ne pensais pas pouvoir revivre des instants comme celui-là après Vannes... et pourtant, quand on court avec des idées saines en tête on peut arriver n'importe ou. Je remercie tous ceux qui m'ont soutenu en regardant ce toit lumineux. Le même qu'il y a 2 ans et pourtant... quel changement. 9H30 au lieu de 7h40 et j'en suis beaucoup plus fier !

Je prend le temps de m'en remettre et finalement je regarde via Facebook ou en est Ben. Je vois qu'il a passé Soucieu mais rien après... Je vais chercher mon sac et je reçois un message. C'est Ben ! Il m'a vu arriver ! Je le retrouve aux sacs et il me dit qu'il a dû arrêter car le rhume qu'il trainait depuis la veille ne s'est pas arrangé et qu'il lui avait pompé toute son énergie. Il a quand même parcours les 55 kilomètres les plus durs de la nuit ! Mais il faut savoir prendre les bonnes décisions. Il était temps d'aller dormir un peu non sans avoir fait une photo avec la mascotte du jour un écureuil... et non, ça ne pas rendu plus sérieux...

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Maintenant, j'ai mal et je ne sais toujours pas pourquoi on s'inflige ça mais que c'était bon !!!!!!! Et encore merci !

 

 

 

Commentaires

Bravo Champion, tu es vraiment incroyable. Bravo à toi et bonne récupération.

Écrit par : Rohnny | 10/12/2013

Encore bravo ... mon bon Bob et
toujours au plaisir de te croiser !

Écrit par : Gilles | 21/12/2013

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