16/11/2015

14/11/2015 : Marathon DU Cognac : je bonifie avec l'âge...

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Comment j'en suis arrivé à ce moment magique du 14/11/2015 à 12h05 ??? Je n'arrive pas encore tout à fait à y croire...

Tout commença par une invitation au marathon d'Istanbul lors de l'apéro qui précéda l'Ekiden de Charleroi avec l'équipe des papys... l'idée de faire le marathon qui passe d'un continent à l'autre en emballa plus d'un ! Et on commença à organiser la chose. Et puis, l'équilibre de la Turquie vacilla. On décida de trouver une nouvelle destination pour être surs de ne pas avoir d'ennui ! C'est celui du Cognac qui remplissait toutes les conditions. Pas trop tôt, pas trop loin et sympa ! Le changement de destination à modifier un peu le groupe et on se retrouve donc à 6 inscrits – Joëlle et moi, Fred , Giovanni, Flo et Bernard. Plus qu'à s’entraîner... ou pas ! Et oui, on a perdu 2 coureurs en cours de route. Joëlle et Giovanni mais ça ne les empêchera pas de venir nous supporter ! C'est donc finalement à 4 marathoniens et 2 supporters qu'on part pour le pays du Cognac !

On fait le voyage le vendredi. Dès la reprise des dossards, on sent la belle organisation. Une bouteille de Cognac, un pied de vigne, une veste technique offerts avec le numéro pour le lendemain !!! On a déjà récupéré la mise de départ !

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On va dire bonjour à l'hôtel et on se rend à l'italien de Cognac. Splendide décor et repas revigorant pour être prêts pour le lendemain. On retrouve nos lits respectifs vers 22.30 pour passer une belle nuit.J'ai tout pris pour mon déjeuner car l'hôtel ne commence le petit déj' qu'à 8h... mais la gentille dame nous propose de descendre dans la salle pour manger quand on voudra le matin. Je le note et je m'en félicite !

En regardant internet, je vois que la Belgique à gagné !!! (Wouais ! ) et il semblerait qu'à Paris ce soit moins festifs mais il ne parle que du stade et je ne veux pas trop approfondir ce genre d'info pour l'instant. Je me couche et sombre dans le repos du guerrier.

6h. J'éteins le réveil avant qu'il ne sonne comme d'habitude avant un marathon... Je m'habille vite fait et je prend mes affaires pour déjeuner. Je descends et là... personne... j'allume et m'installe et je mange seul. Je suis bien au calme et j'ai tout ce qu'il me faut. Je remonte et j'allume Facebook... il semblerait que ça a vraiment mal tourné à Paris. Je ne comprends pas tout et je ne cherche pas trop à savoir. La seule nouvelle que je veux connaître vient du facebook de l'organisation : « course maintenue ». ça aurait été un comble de ne pas pouvoir courir à Jarnac alors qu'on n'a pas été à Istanbul par peur de terrorisme... La vie est parfois bizarrement faite... On part sans trop s'informer pour pouvoir profiter de cette journée.

On passe par la campagne pour arriver à Jarnac. On pourra déjà voir une partie de notre première boucle sans brouillard et quelques signaleurs déjà au poste ! On se parque à l'endroit donné la veille à la remise des dossards et on continue à pied. Flo et Bernard vont chercher leurs dossards et on se rend sur la ligne de départ.

Le semi est quasi prêt à partir. On devra attendre un quart d'heure après pour en faire de même accompagné des 10 kms. On aura droit à une minute de silence pour les événements de la nuit et d'un feu d'artifice dans le brouillard matinal. Un petit clin d'oeil à Vannes et à Gilles ;-) . Le semi part et on prend leurs places dans le box de départ. Je vais bien. Tous les rituels ont été suivis et j'ai trouvé assez de toilettes pour être tranquille. Je suis devant mais pas trop car les 10 sont avec nous et quand je me retourne je vois Fred. Second feu d'artifice et c'est parti pour quelques kilomètres dans les alentours.

Dès les premiers 500 mètres, je vois nos 2 supporters et je rentre dans mon marathon. Mes puls déconnent mais je sais quelle vitesse prendre. Je ne suis pas enfermé par les 10 kms et je trouve tout de suite le rythme. Je dépasse les 2 duos de malvoyants (enfin, un voyant et un malvoyant dans chaque duo, bande d'idiots!) et je les encourage.

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Je dépasse car ceux qui font 10 kms partent souvent trop vite et donc craquent au 2ème kilomètre... moi pas encore... C'est donc assez bon pour le moral. Je sais que je ne dois pas me griller sur les 10 premiers kilomètres car ils ne sont pas plats. Les montées sont moins effrayantes que sur papier mais je suis content de le savoir pour ne pas hypothéquer le reste. Je retrouve mes puls sur ma montre et elles sont juste là où elles doivent être ! Les 10 s'en vont et je me retrouve avec 2 types à 20 mètres de moi. Je les rejoins et on fait un peu le topo... On est sur un tempo de 2h50 !!! Ils veulent que je passe devant mais je leur dis que c'est bien beau mais que ce n'est pas tout à fait le but de la journée (bien que je suis très content de la tournure des événements!) Ils reprennent un peu d'avance. Au 12ème, ils tournent à droite alors que c'est tout droit et j'en profites pour les rejoindre quand ils reviennent sur le bon chemin. C'est un ravito et il y a de la musique. Je passe premier et mon cerveau essaye de me dire quelque chose... Je bois, je prend une banane et finalement je questionne mon cerveau... « qu'est ce qu'il y a ???? » - « écoute la musique ! ». Je repars et tend l'oreille. Je connais cet air là ! Mais oui ! Les sardines !!!!!!!!!! Je me dandines juste devant les 2 que je viens de dépasser et je relance sourire aux lèvres ! Ils me repasseront un peu plus loin. On fini par rejoindre les 10 kms. En tout cas, le bout du peloton. Ce qui ne facilite pas les choses car ils prennent pas mal de place malgré la route bien large et qu'ils sont à +/- à 10 km/h et nous... je regarde ma montre... ça fait pile une heure que je cours... et je suis au... 15ème !!!!! Euh... comment ? C'est cassé la machine ??? Je devrais être au 14ème dans le meilleur de mes plans définis à l'avance !!! Il y a deux solutions, soit ce sera comme à Eindhoven, l'explosion en règle, soit... je n'ose même pas y rêver ! Je continue... Je dis déjà bonjour à 2 dames qui ont le Tshirt de la course d'Habay-la-neuve et l'une d'elle reconnait E.T. et confirme qu'il a déjà été à Habay...

17ème, je suis à nouveau à Jarnac et un chai arrive à l'horizon avec 2 belges à l'entrée ! Ce sont mes

supporters ! Cool ! Je fais un petit signe (les effusions de joie seront pour un autre jour ;-) ) et je veux prendre à boire au ravito.. mais il n'y a que du Cognac !!!! C'est un peu tôt pour déconner donc je rentre dans le chai et à la sortie, en plus de ma supportrice ayant suivi le mouvement, il y a un vrai ravito et c'est reparti pour la deuxième boucle de l'autre côté du village.

Je sais que les 10 kms suivants sont bien plats et qu'il me faudra donc relancer tout seul comme un grand. Ce que je n'aime pas trop. Heureusement, un de mes lièvres n'est pas trop loin et il me sert de réveil-matin quand je m'endors trop. Le brouillard peine à se lever et avec l'humidité, je dois nettoyer la buée qui se met sur mes lunettes. Je finirais par les enlever... ça tourne toujours mais il semblerait que les kilomètres de ma montre soit décalés par rapport aux officiels. Le passage du chai probablement... mais que ce soit l'une ou l'autre mesure, je suis toujours beaucoup trop tôt pour faire 3 heures ! Jusque quand ça va tenir comme ça ?

Passage dans une abbaye et on commence la plus longue montée. Je pensais qu'elle allait jusqu'au 30ème mais apparemment... c'est un peu plus loin le début de la descente... Je ne panique pas, je perds un peu mais je sais que quand on commencera à descendre ce sera jusqu'à l'arrivée ! Au milieu de la montée, c'est partenaire particulier qui vient me supporter à travers les baffles d'une animation ! Re-grand sourire ! Et au 33ème c'est le chai festif ! Grosse ambiance mais je ne m'attarde pas et la descente arrive !

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Le chrono est toujours exceptionnel et je me sens encore un peu en forme... un peu... en tout cas plus que mes 2 lièvres du début que je laisse sur place ! C'est parti au mental pour 9 kms de faux plat descendant. Encore un chai après avoir entendu Tata Yoyo chanté par une dame déguisée qui a eue droit à des bisous envoyés par ce type qui descend avec un ET dans le dos. Elle me répondit par un « ET maison » tonitruant ! Au chai, ET se fait encore remarqué et ils me disent aussi « allez, maison » et je leurs répond qu'il sera bien content d'être à la maison le monsieur car je commence sérieusement à fatiguer !

Revoici l'entrée de Jarnac ! Ça sent la fin et le chrono ne s'approche toujours pas des 3 heures ! Est-ce vraiment possible ? Il doit y avoir plein de détour sur la fin ! En plus ça dépend si je prend les officiels ou ceux de ma montre (400 m d'écart... ok ça ne va pas faire une énorme différence mais je n'y crois pas!!) Et soudain, je tourne et je suis au bout du quai d'où je vois le pont avec l'arrivée. Mon sang ne fait qu'un tour et les larmes arrivent... Ma montre indique 2h52... Je ne mettrais jamais 8 minutes à faire les 300 mètres qui restent... quoi que... le choc me tétanise presque et je dois me concentrer pour pouvoir continuer à courir. Je vois mes supporters mais je ne peux plus sortir de ma ligne de conduite de peur de tomber... J 'entend Joëlle qui dit « tu es 10ème » mais l'info reste dans mes oreilles car le cerveau tente de me garder debout du mieux qu'il peut. L'émotion est énorme ! Je vais exploser mon chrono et pas d'un peu !!! Je passe la ligne les bras en croix et je regarde ma montre... 2h53m45s ! Et puis je lève la tête... je suis entouré de moines... belges d'Habay la neuve qui finissent leur semi-marathon ! Je prend ma médaille, je me retourne et je vais embrasser le logo du verre d'Orval qu'ils ont sur leurs aubes ! Je suis aux anges. Quel moment magique ! Yapuka aller chercher un verre de Cognac-Schweppes et fêter ça dignement !!! J'aurais aussi besoin d'un peu de coca et d'eau car je suis un peu fatigué quand même mais quel bonheur !

On ira attendre les 3 autres marathoniens avec sifflet et pompons pour tous les arrivants au soleil sur les quais et petit à petit je vais me rendre compte de l'exploit réalisé ! Tous nos marathoniens arriveront sur la ligne d'arrivée et on pourra aller fêter ça à Cognac dans un bon resto !

Le lendemain, on visitera encore un peu Jarnac avant de rentrer chez nous avec pleins de beaux souvenirs et un chrono d'enfer dans les valises !!!

Merci à tout ce petit groupe ! Encore une nouvelle histoire incroyable à mettre sur le compte d'un marathon !;-)

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Commentaires

Quel plaisir de lire pareil récit !! Toutes mes félicitations pour ce bel exploit ;-)

Écrit par : Pierre | 16/11/2015

Quel plaisir de te relire... Superbe exploit. Bravo.

Écrit par : Rohnny | 17/11/2015

Je me demande quand même si l'expression " exploser son chrono" est bien de circonstances. :-)
Sinon félicitations pour ce superbe moment et ce superbe récit..

Oli

Écrit par : Oli | 18/11/2015

Des gens déguisés? Non mais ça devrait être interdiiiiiiiiit! :-) C'est sérieux la course à pied, non mais des fois ;-)
J'adooooooooooooooooooooooore ce CR!
Merci et bravo! :-)

Écrit par : Corinne | 19/11/2015

Magnifique ! Comment "exploser" son chrono sans le vouloir... :-)
Sinon vous avez bien fait de changer d'objectif, le Istanbul Marathon n'est pas extraordinaire... alors là, pas du tout.

Écrit par : Olivier | 24/11/2015

Mais bon dieu comment tu fais pour encore améliorer tes temps ??? Si ça continue comme ça, à 50 berges, tu flingueras les Ethiopiens !
... Et à 60 les Kenyans !!! Pas possible de courir comme ça. Nan, pas possible. ;-))

Écrit par : Ben 07 | 26/11/2015

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